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LE FRÈRE AGATHON

ville, afin de subvenir plus aisément aux besoins des Frères, avait imaginé de- prélever une taxe mensuelle sur les élèves des écoles gratuites. A peine en fut-il informé, que le frère Agathon fil écrire au maire ei aux éche vins qu'il allai! diminuer le nombre de* Frères, plutôt que de les voir entretenus par une rétribution imposée aux écoliers. A Boulogne, à Toulon ei ailleurs, il fallut bien qu'on cédai à cette énergique décision, à savoir que les Frères ne tiendraient les écoles qu'à la condition d'y enseigner gratuitement. La pauvreté extrême à laquelle ees maîtres fervents furent réduits en plusieurs villes. Rouen et Reims notamment, n'autorisa jamais, à leurs yeux, la pratique <\v> rétributions scolaires.

Ainsi croissait, fidèle à ses traditions. l'Institut dv> Écoles chrétiennes. En 1789, il comptait approximativement : 121 communautés en France. 6 communautés à l'étranger, 1 OUI) Frères. 3(> 01 M > élèves.

L'orage de la Révolution vint frapper cet arbre déjà puissant; il en dispersa les feuilles et en brisa même les branches ' ; il suspendit pour un temps la circulation de la sève; mais ses racines étaient enfoncées si avant dans le sol. que, la tourmente passée, elles se trouvèrent prèles à reverdir.

1 Le frère Agathon mourut à Tours, le i o septembre 1797: tous les Frères de France furent dispersés; quelques-uns se réfugièrent à Rome.

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Durant la Révolution, deux communautés seulement restèrent eh exercice : celle de Home et celle d'Orviéto, en Italie. Réfugiée sur le soi romain, l'œuvre de Jean- Baptiste de la Salle ne périt pas tout à fait. Par un décret du 7 août 1793, le pape Pie VI nomma le frère Frumence, de Rome, vicaire général de l'Institut,. Cette humble semence, ainsi recueillie par la papauté, tenait en réservé toute la vie chi fondateur : à l'heure propice, elle devait germer et révéler au nouveau siècle une extraordinaire fécondité '.

Lorsque le 9 thermidor eut apaisé, en France, les violences de la Terreur, quelques Frères, laïcisés ei indépendants, reprirent leurs fonctions d'instituteurs dans les localités où ils s'étaient abrités. Tant que dura l'exil des prêtres fidèles, plusieurs de ces maîtres les suppléèrent même comme ils purent, réunissant les fidèles à l'église, leur lisant l'Evangile et les prières de la messe, leur adressant parfois une sorte de sermon pour ranimer leur foi : à Castres, par exemple, ils préparèrent le retour des bons prêtres. A Laon, tout laïques qu'ils tussent par l'habit, ils conservèrent le nom et les habitudes des Frères. Deux écoles attirèrent particulièrement l'attention : celle du Gros-Caillou et celle de Lyon.

L'école du Gros-Caillou, dirigée par le frère Gerbaud, fut approuvée par le premier consul; ((.die de Lyon,

1 Cf. A. Chevalier, les Frères des Ecoles chrétiennes et l'enseignement primaire après /■' Révolution; Paris, Poussielgue, issT. Ravelet, Vie..., livre III. Après le Bienheureux, pages excellentes écrites par Léon Gai i nu. Li r.ARD, Annales, I . II . ch. xxxrv, jusqu'en I Si1 ;

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