‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 282 sur 320 · LE FRERE FRUMENCE · texte numérisé non relu

LE FRERE FRUMENCE

dirigée par le frère Pigménion . devinl le germe d où l'Institut devait renaître en France. Les frères Gerbaud et Pigménion, jaloux d'être encouragés par leur supérieur général, prièrenl le frère Frumehce de rentrer en France. Si le Frère vicaire général ne jugea pas ce retour opportun, en 181)3. il profita des premiers progrès réalisés en France pour recommander l'Institut au cardinal Fesch, alors ambassadeur de son neveu Bonaparte près du pape. Le cardinal Fesch déploya lanl de zèle en faveur des Frères, qu'il obtint, par un décret de décembre ISHo | 1 ! frimaire an XII), le rétablissement légal des Frères des Ecoles chrétiennes, avec la permission de fixer à Lyon (l leur point centrai de réunion ' ».

Le premier consul avait été conduit à cet acte de justice par une empiète qui lui avait révélé la rareté dv^ maîtres d -école . et par les vœux émis de toutes parts aux assemblées départementales. L'Etal sentait le besoin de faire appel, à celle époque, aux Frères et aux Religieuses pour donner l'instruction publique.

L'approbation officielle de l'Etat, puis les bénédictions qu'apporta bientôt le pape à l'Institut en traversant deux fois Lyon, valurent aux Frères de nombreusi demandes. Les municipalités dv^ villes rivalisaient de zèle pour obtenir quelques-uns « de ces instituteurs <pii avaient si bien dirigé les écoles avant la Révolution ». Mais les sujets manquèrent, et le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, prit l'initiative d'écrire à tous les anciens Frères dispersés, pour les inviter à rentrer dans leur ancienne famille religieuse. Quelle joie apporta cette circulaire aux enfants dispersés de Jean-Baptiste de la Salle! La plupart abandonnèrent leur situation pour répondre à cette invitation inattendue; plusieurs si- rendirent à Lyon, suivis de jeunes postulants qu'ils avaient gagnés. En 1804, le frère Frumence avait suivi le pape en

1 Von le texte dans les Annales </> l'Institut, t. II. ch. xxxiv.

France, et il avait pris en main, à Lyon, le gouvernement de l'Institut. Dès le 8 septembre 1805, il accorda à Ions les Frères l'insigne faveur de reprendre leur vêlement religieux; on revit de nouveau la robe de bure et. la capote aux manches pendantes, avec le rabal blanc.

Dans le décret du 17 novembre 1808, qui créait en France l'Université impériale, seule chargée de l'enseignement et de l'éducation dans l'Empire, les Frères furent incorporés à l'Université. Napoléon 1er, qui estimait les Frères et à qui on les redemandait partout, lavait voulu ainsi, et il avait exigé l'insertion de l'article 109. ainsi conçu : « Les Frères des Ecoles chrétiennes seront brevetés et encouragés par le grand maître. qui visera leurs statuts intérieurs, les admettra au serment, leur prescrira un habit particulier et fera surveiller leurs écoles. Les supérieurs de cette congrégation pourront être membres de l'Université. »

Cet article, du moins dans les termes, rendait les Frères esclaves de l'Université; ils pouvaient payer de leur indépendance les faveurs qu'on leur accordait. En réalité, grâce à l'esprit libéral de M. de Fonlanes. grand maître de l'Université, et grâce à la modération qu'ils apportèrent dans l'usage de la loi. les Frères n'eurent jamais à souffrir de cette union à l'Université; même rétribués et nommés par l'Etal, ils gardèrent leur liberté intérieure. Ils ne furent inquiétés que dans L'emploi de leurs méthodes scolaires: mais ils se montrèrent alors assez indépendants pour S 'exposer à tous les périls plutôt que d'abandonner la pédagogie de leur père. Cette agrégation à l'Université n'a jamais été officiellement retirée aux Frères; leur supérieur général est encore appelé au Conseil supérieur de l'instruction publique. (v)ui sait s il n'y a pas là une pierre d'attente pour des temps meilleurs?

Mais l'article 109 ordonnait aux Frères de soumettre leurs statut- intérieurs au grand maître de l'Université. Le frère Frumence se conforma à celte prescription en

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