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LE FRÈRE PHILIPPE

des écoles populaires; l'institul restail donc dans la voie ouverte par Jean-Baptiste de la Salir. Mais, sous le second Empire, de graves difficultés furent soulevées au sujet de la gratuité. L'Etal voulu! contraindre les Frères à exiger une rétribution <\v> écoliers qu'ils instruisaient Cette mesure était si contraire au principe posé par leur fondateur, que les Frères opposèrent une énergique résistance, et se résignèrent à voir fermer plusieurs de leurs éeoles. Le 10 mai 1861, le minisire écrivit au supérieur général «pie. « si la résistance continuait, le gouvernement se verrait obligé de refuser sa bienveillance aux Frères des Ecoles chrétiennes. » Quelle ne fut pas alors la perplexité du frère Philippe! Après avoir pris l'avis du Chapitre général, en septembre 1861, il en référa au Saint- Siège. Le pape conseilla une transaction plutôt que d'abandonner les écoles communales. Les Frères furent autorisés à subir les exigences du gouvernement, mais seulement autant de temps que les circonstances l'imposeraient; de plus, ils se tiendraient entièrement en dehors de la rétribution scolaire, en instruisant les enfants sans rien accepter de leur part, laissant les conseils municipaux réclamer aux familles ce qu'ils jugeraient a propos1. Tant qu'il dura, ce système fut toujours regardé comme anormal dans l'Institut.

Doué de facultés pédagogiques exceptionnelles, le frère Philippe contribua puissamment au progrès de l'enseignement primaire. Il avait composé lui-même, et il lit composer des classiques qui se répandirent dans toutes les écoles, même en dehors de l'Institut. Le plus grand service qu'il rendit à la pédagogie fut nue réédition, entièrement refondue, de la Conduite des écoles. Retoucher l'œuvre du fondateur, c'était une entreprise hardie, mais nécessaire

« On comprend, dit le frère Philippe2, qu'un livre de

1 Ravelet, Vie..., I. lit, p. ^27 -;i2s. — - Extrait 'le la. préface sig du frère Philippe, luis l'édition qui porte la date de 1870

cette Qature ne puisse recevoir une forme dernière. De nouvelles expériences, les progrès de la méthodologie, 1er prescriptions législatives, de nouveaux besoins, etc., exigent que de temps à autre il subisse des modifications. Aussi a-l-il eu plusieurs éditions, très différentes entre elles. »

La valeur pédagogique <lu frère Philippe élail si connue, qu'il fut appelé à siéger, eu 1849, dans la commission extraparlementaire , chargée de préparer la loi sur la liberté de l'enseignement secondaire. Si la loiFalloux, volée le 13 mars 18ol>. lui libérale, même à l'égard de l'enseignement primaire, rinfluenee du frère Philippe n'y fut pas étrangère. Tout en maintenant pour les frères l'obligation du brevei . la loi leur donnait plus de liberté pour le choix des méthodes et leur assurait, moyennant un engagement décennal, l'exemption du service militaire.

Ce fut sous le frère Philippe que les pensionnais prirent une grande extension. Aux frères revient tout le mérite d'avoir créé ch-s établissements (renseignement secondaire Spécial, destinés aux lils de elasses moyennes. Ce que la noblesse et la haute bourgeoisie trouvaient depuis longtemps dans les collèges classiques , le commerce, l'agriculture et l'industrie le trouvèrent enfin dans les pensionnats dv> Frères.

Le plus célèbre de ces pensionnats tut celui de Passy, autorisé par une décision ministérielle i\u '2'2 octobre 1841. On n'eut point à talonner pour le programme, car il avait clé tixé dès le xvni'' siècle. Il consistait en une culture générale, sans grec et sans latin avec orientation vers les carrières commerciales, industrielles cl agricoles. L'État fut très attentif à l'expérience qui se faisait à Passy. et, pour l'encourager, le ministre créa, par arrêté du 3 janvier 1856, des bourses qui furent fidèlement servies jusqu'au ministère Ferry, en 1879. Dans certaines villes, à Dijon, par exemple, en 1802. l'Université se montra

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