DE FONDATION
Frères des Écoles
Paris,
S.Jean-Baptiste
chrétiennes.
27, rue Oudinol .
de la Salle.
Frères de S.- Gabriel.
S. Laurent--.
( Vendée).
B. Montforl et P. Deshayi s.
Frères de l'Instructit m
Ploërmel
chrétienne
( Morbihan l.
de Lamennais.
de Ploërmel.
Frères de la Doctrine
Nancy.
P. Fréchard.
chrétienne de Nancy.
Petits Frères de Marie
Saim -GéniS-L aval
P.l 'liampagnat .
( Maristes ).
< Rhône 1.
Frères de la Société
Taris.
P. Chaminade.
de Marie (Marianites,
28, rue
Prêtres et Frères).
Montparnasse.
Frères du Sacré-Cœur
Paradis,
P. Coindre.
de Paradis.
près le Puy.
Frères de la Sainte-
Belley ( Ain ).
Fr. Gabriel
Famille.
Taborin.
Frères de la Croix-
Ménestruel
P. Bochard.
i le- Jésus.
( Ain ).
Les i Hercs de Saint-
Paris,
P. Guerbes.
Viateur
15, rue du Muer.
(Prêtres et Frères 1.
Congrégation
Angers.
MM. Moreau
de la Sainte-* Iroix
et Dujarrié.
(Prêtres et Frères).
Cong. du S.- Esprit et
Paris .
P. I.ibennann.
du S.-Cœur de Marie
3o, rue Lhomond.
(Prêtres et Frères).
Frères
Montebourg
M. Delamare.
1 de la Miséricorde.
( Manche ).
§ IV
INFLUENCE DE JEAN-BAPTISTE DE 1. A SU M SUR LES METHODES PÉDAGl ><■ S
Jean-Baptiste de la Salle ne tut jk»s seulemenl le législateur d'un Institut qui compte' plus de dix-neuf mille
1 Nous devons ces renseignements très précis à la bienveillance «1rs supérieurs de ces communautés : nous les en remercions.
sujets, el . indirectement, dune multitude de Congrégations enseignantes d'hommes et de femmes qui vivenl de
se- inspirations; il l'aul dire à sa gloire qu'il fut aussi l'initiateur de bonnes méthodes pédagogiques et qu'il est aujourd'hui, quoi qu'on en dise, le vrai législateur de l'enseignement primaire. Une rapide histoire des méthodes d'enseignemenl nous en convaincra.
Si nous Taisons abstraction des règles aecessoires, 1res variables en pédagogie, pour nous en tenir au fond et à l'essentiel des systèmes, on peut distinguer trois modes d'enseignement: le mode individuel, où le maître enseigne chaque entant séparément ; le mode simultané, où le maître enseigne à la fois nu grand nombre d'enfants: le mode mutuel . où le maître ne fait ([ne diriger une elasse dans laquelle les enfants s'instruisent mutuellement.
Le mode simultané, ([ni réunit plusieurs disciples autour d'un même maître, est le plus naturel et le plus ancien. Il est adopté pour toutes les réunions publiques. religieuses on profanes. 11 a toujours été suivi dans les universités et même dans les collèges. Mais il n'est entré que tardivement el difficilement dans les écoles primaires.
Jusqu'à l'arrivée de Jean-Baptiste de la Salle, le mode individuel avait dominé dans renseignement primaire. Le maître restait à son bureau, el les enfants venaient un à nu près de lui. pour s'exercer à la lecture, montrer leur page d'écriture ou faire corriger leurs calculs. I n tel système entraînait les plus graves inconvénients. Il était incompatible avec des classes nombreuses; dans les villes, OÙ les maîtres d'école abondaient, les entants pouvaient encore s'instruire; mais, à la campagne, si l'école eûl été fréquentée par une masse d'enfants, renseignement eût été impossible. Peut-être faut-il attribuer à celle cause le peu de zèle qu'on mit. sous l'ancien régime, à fréquenter les écoles. Les progrès, d ailleurs, ne pouvaient être «pie bien lents: car chaque enfant
METHODES PÉDAGOGIQUES 67d
n'avait, à chaque classe, qu'un temps très courl de travail utile. Les classes étaient forcément sans vie, sans émulalion, fastidieuses pour les écoliers. Malgré ers défauts, le mode individuel a été 1res tenace; il a résisté longtemps au mode simultané et au mode mutuel. Chose étonnante, en 1834, il régnait encore eu 18814 écoles, tandis que le mode simultané était suivi eu 24310 écoles, et le mode mutuel eu 1 98â !.
Au xvne siècle, la création des écoles charitables rendit plus difficile l'application du mode individuel : de nombreux enfants, en effet, s'entassaient dans des classes qui n'avaient qu'un seul maître. D'après VEscole paroissiale"-, renseignement resta individuel eu devenant mutuel. Les élèves furent disposés par bancs; chaque banc avait un officier ou moniteur, et le moniteur prenait un à un les enfants de son propre groupe pour les faire lire ou Jefaire réciter. C'était ajouter les inconvénients de renseignement mutuel à ceux de l'enseignement individuel. Aussi ne faut -il pas s'étonner du désordre qui régnail dans de telles écoles et du profit aussi lent que restreint que les écoliers en retiraient.
L'esprit éminemment pratique de Jean-Baptiste de la Salle ne put entrer dans cette routine. Dans son amour de l'ordre et dans son zèle pour le progrès des enfants, il créa le mode simultané, sans exclure entièrement le mode mutuel. Comme il ne donnait jamais moins de deux Frères en chaque localité, les écoliers étaient d'abord partagés en deux classes suivant leur âge et leur petit savoir. Dans chaque classe, il établissait trois sections : la première pour les plus avancés, la seconde pour les élèves moyens, la troisième pour les plus faibles. Grâce à celle répartition, chaque groupe se composait d'écoliers dont la force élail à peu près la même; les écoliers de même section pouvaient donc suivre une
1 Buisson, Dictionnaire de pédagogie, art. Mutuel, |>. 2003. — ! L'E paroissiale , édition de 1654, p. 89 à 107.
même lecture, apprendre une même leçon, faire un même devoir. Ainsi, dans une classe de soixante à quatrevingts élèves, vingt enfants de même force pouvaient recevoir à la fois la leçon du maître. Ils avaient l'avantage d'être directement enseignés par le maître; celte participation à une même leçon mettait parmi eux de la vie el de l'émulation, chaque enfant devant trouver la réponse qu'un autre ne trouvait pas. Ils n'avaient pas l'ennui d'attendre que leur tour vînt d'être appelés près du maître. Aucun moment n'était perdu; car. lorsque le maître passait à une autre section, la première s'occupait à un travail silencieux, leçon de mémoire, page d'écriture ou calcul, que le maître apprécierait et sanctionnerait bientôt. Par ce système, aucun désordre n'était occasionné par le grand nombre dv^ élèves; les enfants, toujours en haleine, aimaient leur école; les progrès intellectuels étaient rapides. Aussi n'est-on pas surpris de voir les écoliers accourir en foule aux écoles des Frères, aux dépens même parfois des maîtres écrivains. Il est. du reste, à remarquer (pie jamais le mode simultané n'exclut complètement le mode mutuel; les Frères eurent. dès le commencement . dc< officiers qui aidaient le maître dans sa lâche, tant pour la surveillance que pour (\v> services étrangers à 1 enseignement proprement dit.
Ce mode simultané, si pratique el si fécond, inauguré par les Frères, se répandit peu au xvme siècle: peu connu sans doute des autres maîtres, il resta l'apanage presque exclusif des Frères. Mais lorsque, après la Révolution, l'Etat créa l'instruction publique, \\ élail naturel d'introduire dans les écoles une méthode dont cent années d'expérience avaient démontré la valeur. Il n'en tut rien : l'Etat combattit à la fois le mode individuel el le mode simultané, en favorisant renseignement mutuel.
Dans le mode mutuel, les écoliers sont instruits par leurs camarades plus avancés, sous le regard el la direction d'un maître. L'école mutuelle était fort grande; on