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PROCES DE CANONISATION

C'est alors que commença, dans les trois mêmes villes. l'information dite apostolique sur les vertus et les miracles du Saint. Les dossiers contenant 1rs dépositions de nombreux: témoins furent alors clos e1 envoyés à Rome vers Le commencement de 1843. Dès le 6 septembre 1846, ces procédures lurent canoniquement approuvées à Home.

La première question qui se posa fui L'orthodoxie des écrits attribués au serviteur de Dieu. Comme nous l'avons insinué ailleurs, une difficulté assez grave surgil à ce sujet, principalement à propos du livre i\i-> Devoirs. En effet, plusieurs propositions, extraites des éditions qu'on avait alors sous la main, furent taxées, par le promoteur de la foi, de sévérité voisine du jansénisme. Certes, les tendances romaines de Jean-Baptiste de la Salle avaient été assez manifestes pour que ses sentiments ne fussent pus l'objet d'un doute. Cependant, vu l'impossibilité de démontrer la fidélité des textes qu'on avait sous les yeux, et pour couper court à toute objection, le défenseur de la cause plaida la non -authenticité des écrits incriminés. Il avait raison; car non seulement on n'était pas en mesure, alors, de prouver l'authenticité du livre des Devoirs, mais on était certain que le texte en avait été interpolé dans les éditions successives. Par le décret du 10 janvier 1852, la Congrégation des lîiles admit comme certaine la parfaite orthodoxie des écrits authentiques du Vénérable de la Salle.

On procéda alors, suivant l'usage, à l'instruction sur l'héroïcité des vertus. Cet examen, toujours long, — tant l'Église scrute profondément la vie des saints qu'elle élève sur les autels, — cet examen dura plus de vingl années. Ce fut le 10 juillet 187:) que la Congrégation des Rites, réunie en séance publique sous la présidence du pape, reconnut que « les vertus théologales de Foi, d Lspérance et de Charité envers Dieu et envers le prochain; que les vertus cardinales de Prudence, de Justice, de Force et de Tempérance, et les vertus annexes, avaient

été pratiquées par le vénérable serviteur de Dieu Jean- Baptiste de la Salle au degré héroïque ». L<i décaret solennel en fut promulgué le I''1' novembre 1873.

Restait la question des miracles; car l'Eglise ne glorifie personne sur la terre qu'elle ne se sente l'interprète de la volonté même de Dieu, et eette volonté de Dieu se révèle cl une manière sensible par la voix du miracle,

Rien eV extraordinaire n'avait marqué la vie du serviteur de Dieu. Certains faits, sans doute, avaient paru Unir du prodige : un Frère, malade à Guise, en 1686, avait été subitement guéri par la bénédiction de son supérieur; le frère Timothée, en 1~U2. ayant subi une opération au genou, et ayant été envoyé par son supérieur à Chartres lorsqu'il aurait dû garder le lit, vit sa plaie fermée en deux jours par l'obéissance1; la grâce qui permit à M. de la Salle, mourant, de dire la sainte messe le jour de saint Joseph, l'ut considérée par tous les Frères comme un miracle. Mais aucun prodige n égala celui de la fondation et de la conservation de l'Institut, au milieu des tempêtes dont il eut à triompher: cent fois sur le penchant de la ruine, cette œuvre fut cent l'ois sauvée par la main de Dieu.

Cependant, sur la tombe du serviteur de Dieu, des grâces nombreuses lurent, demandées et obtenues. Jusqu'à nos jours, une vertu cachée, qui guérit les âmes et les corps, en émane eonime un parfum de vie. Des livres ont reeueilli Je récit des précieuses faveurs obtenues du Saint par la foi des lideles. Entre tous ces laits, trois seulement furent présentés, le 13 février k883, à l'approbation de la sacrée ( longrégalion des Rites, (les traits glorieux, par lesquels Dieu a signale aulhenli<pienietil la sainteté de son serviteur, méritent de trouver place en cette histoire.

1 L'attestation authentique de ce fait es1 au procès de l'OrdinaJ

à l'aix-lu\ relie de l';u i>.

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