HOMMAGE DES ARTS
maître. Aux quatre angles du piédestal, des enfants, appliqués à diverses études, représentent les quatre parties du monde, où travaillent aujourd'hui les fils de Jean- Baptiste de la Salle.
Tandis que le monumenl Falguière élaii l'hommage du peuple, l'œuvre de Montagny devait être l'hommage des pouvoirs publics. Le ministère des beaux-arts avait commandé, pour le Panthéon, une statue de marbre de Carrare. Lorsque Montagny eut achevé son travail, vers l'époque de la Béatification, les nouveaux minisires, pour des motifs que nous n'apprécierons pas, refusèrent à Jean- Baptiste de la Salle la plaee qui lui avait été réservée près de saint Rémi, de sainte Geneviève, de saint Louis et de Jeanne d'Arc. C'est alors que le cardinal Langénieux obtint que la statue fût déposée dans le transept de l'église Saint-Rémi, à Reims. Le groupe de Montagny représente le Saint faisant la classe à deux enfants; les trois personnages se fondent en une parfaite unité. L'attitude des enfants est aisée, gracieuse. 1res vivante el 1res calme h la fois. Le Saint, merveilleusemeul drapé dans son manteau long, présente une physionomie à I rails fortement accusés, respirant un heureux mélange de fermeté virile et de douceur paternelle; le regard, profond el réfléchi, empreint d'autorité et de bonté, inspire encore plus la confiance qu'il ne commande le respect; le geste, sobre et naturel, est celui d'un maître qui donne sa leçon 1.
Le ciel s'associa à ces honneurs rendus sur la terre au bienheureux Jean-Baptiste de la Salle. Pour sanctionner le premier jugement de l'Eglise, et pour encourager le peuple chrétien dans les triomphes qu'il décernait à l'humble fondateur des Frères, Dieu multiplia les faveurs demandées en son nom. Parmi ces grâces surnaturelles, deux, plus caractéristiques, oui été retenues et présentées
1 Un nouveau groupe, analogue ;'i celui de Falguière, taillé dans le marbre, sera placé, à Rome, dans la basilique vaticane.
à la sacrée Congrégation des Rites. Nous en emprunterons le récit au décret d'approbation, du 30 avril 1899.
« Le premier de ces miracles a eu lieu en l'année 1889, au pensionnat de Rodez, en France. Le jeune Léopold 1 avac était atteint d une 1res grave pneumonie. Les médecins avaient perdu tout espoir, et le malade, chez qui Les centres cérébraux étaient mortellement atteints, allait expirer. Par l'entremise du bienheureux Jean-Baptiste de la Salle auprès de Dieu, toute maladie s évanouit subitement. — L'autre miracle se produisit, la même année, dans la maison vulgairement appelée Maison- Xeuve, près de Montréal Canada . Le frère Nélhelme. de L'Institut des Frères des écoles chrétiennes, soutirait d'une paralysie incurable, causée par une lésion de l'épine dorsale. Il eu soutirait à un tel point, qu'il ne pouvait taire un pas ni même imprimer à son pied le plus léger mouvement. Ainsi paralysé et abandonné de tous les médecins, il se prosterna devant l'image d\i bienheureux .lean- Baptiste de la Salle, qu'il supplia en pleurant de jeter sur lui un regard de pi lié et de lui porter secours. Chose merveilleuse, il sentit subitement que ses pieds reprenaient leur force, (pie le mouvement leur revenait, et celui qui naguère apparaissait comme à demi mort sembla dès lors ressuscité et pourvu d'une nouvelle vigueur. »
Ces miracles discutés et approuvés*, il ne restait plus qu'à mettre sur le Iront de Jean- Baptiste de la Salle la couronne des Saints. Le "1\ mai 1900, L'illustre pontife Léon XIII. le grand docteur du xix« siècle, qui, par ses >;i\ antes encycliques, ;i si puissamment concouru à renouveler 1 éducation du clergé, du peuple .1 de la société, déclare au monde entier, par sa parole infaillible, que Jean-Baptiste de la Salle, en qui L'humanité salue déjà un insigne bienfaiteur, a mente, avec la gloire céleste, les honneurs religieux (pie L'Église rend aux plus vertueux de ses entants.
A celui (pu était sorti de son riche hôtel pour enseve-