ÉDUCATION DE SES FRÈRES ET SOEURS
pail encore plus que leurs intérêts matériels. Il y consacra volontiers son temps, jusqu'à relarder indéfiniment ses propres études de licence. En 1672 , l'aîné de ses frères avait vingt ans, et Pierre, le plus jeune, n'en avait que six. Sept ans après, lorsqu'il commencera l'œuvre des écoles , il n'aura plus que trois frères près de lui : sa sœur Marie aura épousé Jean Maillefer ; Rose- Marie sera entrée au couvent de Saint-Etienne de Reims ; Jacques-Joseph sera déjà chez les religieux de Sainte- Geneviève, à Paris. Ces deux vocations, jointes à celle de Louis, écloses sous le regard de Jean"1 Baptiste, sont une preuve de la piété et de l'ordre qu'il faisait régner dans sa maison.
Tout y était réglé, en effet, comme dans une communauté : il semblait que le jeune sous-diacre voulût reconstituer chez lui le séminaire de Saint -Sulpice qu'il regrettait. Depuis le lever matinal et les exercices religieux jusqu'aux repas, aux récréations et aux études, chaque chose se faisait à une heure déterminée1. Cette régularité, souvent si fâcheuse aux enfants par sa monotonie, il savait la faire accepter de ses frères; la vivacité de son affection et la force de ses exemples triomphaient de toutes les lassitudes. Il ne paraît pas qu'ils en aient jamais murmuré. Au contraire, subissant avec joie la douce et sanctifiante influence de leur frère aîné, ils aimaient à vivre avec lui, et, plus tard, la famille ne les en sépara que par la violence.
Il puisait dans la piété le courage de mener de front l'accomplissement de tous ses devoirs, et il trouvait l'aliment de sa piété dans les obligations mêmes de son canonicat. Dès le matin, vers six heures, après son oraison, il assistait aux Matines et aux Laudes; à neuf heures, il se rendait fidèle aux Petites Heures et à la messe solennelle; à deux heures, il chantait Noue.
1 Blain, p. 129.
Vêpres et Compiles • . Gomme Maurice Le ïellier n'avait pas encore remanié la liturgie rémoise, c'était l'office de Rome que Jean -Baptiste avait le bonheur de chanter2. Qu'il fût au chœur ou qu'il accomplît les cérémonies sacrées, le jeune chanoine présentait toujours le même air de gravité, de recueillement et d'esprit de foi3.
Au milieu des affaires domestiques comme dans les exercices de piété, Jean-Baptiste ne perdait pas l'amour. de l'étude. En quittant Paris au mois d'avril 1672, il avait eu le dessein d'y revenir achever sa théologie. Mais il vit promptement que ce projet était irréalisable. Retenu par le devoir au sein de sa famille, il se remit sur les bancs de la Faculté de théologie. Dans les instants qu'il put dérober aux affaires, il fréquenta de nouveau les écoles de Saint-Denis4 et de Saint-Patrice.
Nous ne pouvons dire à quelle époque il subit la ienhilive ou baccalauréat. Aucun document ne nous révèle exactement l'époque où il suivit les exercices de licence. Dès 107:2, son dimissoire l'y autorisait. Mais la même autorisation se retrouve dans le dimissoire qui lui fut délivré en 1076 pour le diaconat. Nous croyons qu'il fit sa licence en 1076 et en 1677 5. Maillefer nous apprend qu'il ne prit le bonnet de docteur qu'en 1680*, après avoir laisse écouler depuis sa licence un intervalle assez considérable. Tous ces retards sont, nous l'avons dit déjà . suffisamment motivés par les nombreuses affaires qui divisaient tout à la fois son temps et son attention.
« Durant les intervalles que lui laissaient ses études, dit son biographe Maillefer, il se fortifiait par les prières et les bonne- œuvres, toujours guidé par M. Roland,
1 IIanm ssi . Vie de Nicolas Roland, p. 47. — - Ibid., p. 17. — : I ï i \i\. p. 129, — ' D'après le certificat <|ui lui fut délivré Le 3 juillet 1673. — :' Nous \ errons en effet <(u<' . d'après M \n lefj r, après son échec pour la cure de Saint-Pierre, en 1677, il se remit ;'i sa licence commencée l'année précédente. — '' Maillefer, p. 31.