‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 37 sur 320 · ETABLISSEMENT DL-: L'ENFANT -JESUS · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DL-: L'ENFANT -JESUS

tion de M. Roland; il lui avoua que, s'il lui avait causé de la peine par ses lenteurs, c'était pour modérer l'ardeur de son zèle1.

Fort de cette bienveillance. Jean-Baptiste commença à pressentir le conseil de ville. La tâche était assurément plus aisée, depuis que l'archevêque était devenu favorable aux écoles gratuites. Il restait néanmoins beaucoup à faire pour dissiper les équivoques, résoudre les objections, et gagner un à un les suffrages des conseillers.

M. de la Salle mit à contribution toute l'influence dont il pouvait disposer. Le rang que sa familk1 occupait à Reims lui donnait accès dans toutes les maisons. Plusieurs membres du conseil étaient ses proches parents. Dans des visites faites avec une courtoisie du meilleur aloi, usant des procédés d'une politesse exquise, et fort de l'ascendant que donne la vertu , il réussit à intéresser les conseillers à la cause des orphelins et des maîtresses d'école. Il n'eut aucune peine à dissiper leurs craintes.

Effrayé du nombre croissant des communautés établies à Reims, le conseil ne voulait pas qu'une charge nouvelle pesât sur la ville. M. de la Salle fit comprendre que la nouvelle Congrégation serait à la ville, non pas un fardeau, mais un secours. En effet, elle était dotée, et elle ne ferait point appel aux subventions des habitants. Elle ne sollicitait que la permission de se rendre utile, en élevant de pauvres orphelins et en groupant dans ses écoles les petites filles abandonnées, qui ne trouvaient point de place dans les écoles payantes. Quoi de plus nécessaire que des écoles chrétiennes pour les filles? Si la Congrégation de l'Enfant-Jésus fermait ses classes, les mille petites filles qui les fréquentaient seraient errantes dans les rues, ou bien se rendraient chez les maîtres d'école, où le mélange des sexes avait

1 Cf. Hannessi .

toujours eu les plus désastreuses conséquences au point de vue moral1.

Les conseillers de Reims étaient assez chrétiens pour goûter ces raisons. Ils résolurent de consentir à l'établissement de la nouvelle Communauté. Dès lors, l'affaire suivit la voie régulière des formalités légales.

En vertu d'un édit royal du 3 mars 1()67, aucune communauté ne pouvait s'établir sans l'avis préalable (]('<• échevins, curés et supérieurs réguliers de la ville. Grâce au crédit de l'archevêque, M. de la Salle obtint, dès le 9 mai 1678, les lettres de cachet autorisant le lieutenant de Reims à tenir une assemblée des échevins, curés et supérieurs de la ville, en vue d'examiner s'il était opportun « d'establir une Communauté de filles séculières pour tenir des escolles pour l'instruction des pauvres de leur sexe2 ».

Le 1 I aoûl suivant se tint l'assemblée, sous la présidence du lieutenant général. Jean-Baptiste de la Salle y comparut avec Nicolas Rogier. Il exposa de quelles ressources disposait la Communauté; puis il lut, non sans une certaine émotion, ce passage du testament de Nicolas Roland , où le pieux défunt disait que :

« Reconnaissant par expérience le grand fruit que produisaient les écoles gratuites de pauvres filles, qu'il faisait faire depuis plusieurs années dans lés quatre principaux quartiers de la ville de Reims, dans lesquelles plus de mille enfants étaient instruites tous les jours, tant pour la lecture et l'écriture que pour les choses qui concernent le salut et les bonnes mœurs, — et ne croyant pouvoir rien l'aire de plus utile pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, le soulagement des pauvres qui n'ont p;is de quoi faire instruire leurs enfants, et pour le bien de la ville (pu lui a donné naissance, que de faire en sorte (pie les écoles gratuites se continuent toujours 3, »

1 Blain, i. I. |'. 141. — - Hannesse, \k 293. — 3 [bid„ p. 295-296.

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