‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 46 sur 320 · JEAN-BAPTISTE DIRIGE LES MAITRES · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE DIRIGE LES MAITRES

les écoles de charité eussent été gravement compromises l.

M. de la Salle aperçut le danger. Il résolut de le conjurer. Comme les maîtres d'école n'avaient ni chef ni règlement, il prit en main leur direction et leur traça une règle de vie. Des heures furent iixées pour le lever des maîtres, pour les repas, pour l'ouverture des class - Jusque-là. ces maîtres inexpérimentés avaient dirigé leurs classes sans méthode, sans entente, et chacun suivait son caprice; il leur donna des avis pour les amener à une conduite uniforme, condition essentielle de succès.

Son intervention ne fut point une ingérence ambitieuse. Il cherchait si peu à exercer l'autorité, que. des qu'il eut rempli ce devoir de charité, dès qu il crut avoir sauvé l'œuvre de la ruine, il se retira et en laissa de nouveau tout le soin à M. Nyel. Du reste, il s'en explique lui-même clairement : « Je m'étais figuré, dit-il dans son Mémoire, que la conduite que je prenais des écoles et des maîtres serait une conduite extérieure, qui ne m'engageait à leur égard à rien autre chose qu'à pourvoir à leur subsistance, et à avoir soin qu'ils s'acquittassent de leur emploi avec piété et avec application-. »

Mais c'est en vain qu'il s'éloigne; la grâce le ramènera. Il a beau s'effacer devant Nyel. il devra revenir: car Nyel n'a ni les qualités d'un organisateur ni la mission d'un fondateur. Ce germe de l'Institut, si humble encore, mais plein d'un si grand avenir, ne se développera que dans le cœur et par les soins de Jean -Baptiste de la Salle. Il voit que l'œuvre va périr s'il ne s'en mêle encore. Que faire? Les maîtres habitent loin de sa maison: il ne peut les visiter aussi souvent que leurs besoins l'exigent. Ils encombrent d'ailleurs le presbytère de Saint- Maurice , depuis surtout que leur nombre accru. M. de la Salle estime que toutes les difficultés

1 Blain. t. I. p. 187. Maillefer, p. 30. — - Blain. Vie..., p. 167.

s'aplaniraient, si les maîtres avaient une maison où ils fussent seuls, tout près de son hôtel, où il pût aisément les surveiller et les encourager. Nyel applaudit d'autant plus volontiers au projet, qu'il serait ainsi déchargé, du moins en partie, d'une surveillance cpii lui pesait.

Le transfert de la petite troupe se lit aux fêtes de Noël 1679. Les maîtres s'installèrent pour dix-huit mois dans une maison que M. de la Salle avait louée près de la sienne. Cette maison était certainement située sur la paroisse Saint- Symphorien. C'est là en effet qu'habitait, depuis L664, rue Sainte-Marguerite, la famille de la Salle1.

\)v> qu'il eut les maîtres sous la main, le zélé chanoine veilla sur eux avec un dévouement plus continu. Il les visita plus souvent. Il leur traça une règle plus précise; seuls dans leur maison, les maîtres pouvaient, en toute liberté, en suivre les moindres prescriptions. Dans de fréquents entretiens, il leur donna de précieux avis concernant la piété et l'accomplissement de leurs devoirs d'état.

Adrien Nyel n'était point ombrageux; il ne fit qu'applaudir aux efforts de M. de la Salle pour la formation des maîtres. Pour lui, il se préoccupait surtout d'en recruter de nouveaux. Lorsqu'il eut trouvé deux autres collaborateurs, il n'eut d'autre pensée que de créer une troisième école dans la maison qu'on venait de louer. Le quartier Saint -Symphorien était populeux, et les

1 Le frère Lui vrd, Annales, p. 9, ;i tort de dire que la maison où furent transférés les maîtres était située rue de la Chanvrerie (rue de l'Arbalète . il supposé que M. de la Salle habitait encore l'hôtel de la Cloche. Il n'avail pas eu connaissance >lrs travaux du chanoine Cerf. (Voir la bibliographie. Du reste, M. Hannesse a découvert sur les registres de Sainl Symphorien l'acte de sépulture du frère Christophe (24 mai 1682 , « maistre d'eschole chez M. de la Salle. - Donc M. de la Salle était bien alors sur la paroisse Saint -Symphorien : il en résulte que c'est sur cette même paroisse que les maîtres furent placés en 1679. Frère Bernard, p. 35, dit au reste que la maison était «derrière Saint- Symphorien . proche !«' rempart

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