‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 54 sur 320 · OLE DE GUISE S · texte numérisé non relu

OLE DE GUISE S

Jalouse des succès de Rethel, la ville de Guise voulut aussi avoir des maîtres pour ses pauvres. L'année précédente , on s'en souvient, elle avait mandé Nyel; mais l'affaire, désapprouvée par M. de la Salle, n'avait point abouti: la ville n'avait pu garantir aux instituteurs une rente convenable. En 1682, les seigneurs du lieu s'entendirent pour assurer la fondation. Le duc de Mazarin donna la maison et le mobilier; Mllc de Lorraine, duchesse de Guise, promit une rente de quatre cenls livres pour les deux maîtres. M. de la Salle pria Niel d'ouvrir léeole, au mois de juillet 1682, après l'avoir remplacé à Rethel par Nicolas Yuyart. Mais Nyel ne resta point longtemps à Guise. Les deux maîtres qu'il y laissa, encore inexpérimentés, ne furent pas goûtés. Il fallut que M: de la Salle les remplaçât par deux nouveaux sujets qu'il avait pris le temps de façonner à leur devoir; ceux-ci s'attirèrent l'estime et la considération, à tel point que le nombre de leurs élèves fut bientôt doublé, et que d'autres maîtres leur furent adjoints '.

En multipliant les maîtres, il fallait aussi accroître les ressources. A une date qu'il nous est impossible de préciser, on recourut à un moyen fort ingénieux: on reçut, comme demi-pensionnaires, des enfants de familles aisées2. Par là on respectait le principe, demeuré inviolable dans l'Institut, que les petites écoles sont tenues gratuitement. Ce cas n'esl point isolé dans les annales de l'Institut : que de fois les bénéfices réalisés dans les pensionnats n'ont-ils pas servi à l'entretien de maîtres

1 Maillefer, p. 44-i-ij. Lucard, Annales, p. 17. — 3 D'après VEtat des communautés des Frères. Archives uni.. 1.. 'ICI. | Le document qui relate ce l'ait esl un Mémoire écrit en 1777, au moment où les - étaient en instance pour- être légalement reconnus dans le ressort du parlement <!e Paris. I.e document ne dit pas à quelle époque les Frères de Guise commencèrent à recevoir des entants à demipension; il affirme seulement que ce fut ■■ pour suppléer à la modicité des revenus ».

qui enseignaient, gratuitement dans les écoles populaire

[ne autre école avait été ouverte le 30 juin à Ghâteau- Porcien. Nous ne connaissons cette fondation que par une lettre écrite par M. de la Salle au maire et aux échevins de cette petite ville du Rethélois. Elle est datée du 20 juin 1682.

« Quand je ne prendrais, dit-il, que très peu d'intérest à ce qui regarde la gloire de Dieu, il faudrait que je lusse bien insensible pour ne me pas laisser toucher par les instantes prières de monsieur votre doyen et par la manière obligeante avec laquelle vous me faites l'honneur de m'escrire aujourd'huy. J'aurais grand tort, messieurs, de ne pas vous envoyer des maistres d'escolles de notre communauté, veus l'empressement et l'ardeur que vous me témoignez avoir pour l'instruction et l'éducation chrestienne de vos enfants. Soyez donc, je vous prie, persuadez que rien ne me sera plus à cœur que de seconder en cela vos bonnes intentions, et que. dès samedy prochain, je vous envoyeray deux maistres d'escolles dont j'espère que vous serez satisfaits, pour commencer leur escolle le lendemain de Saint-Pierre, el vous suis extrêmement obligé de toutes vos honnestetés el vous prie de me croire avec respect1, etc.. >>

Cette lettre nous montre que les autorités civile et religieuse étaient d'accord pour demander des maîtres chrétiens pour les enfants pauvres. La même entente régnai! à Laon; elle \ contribua puissamment au succès d'une semblable fondation.

M. Guiart, curé de Saint- Pierre-le -Vieux, à Laon. connaissait M. de La Salle: il avait eu l'occasion de le voir à Reims dans la communauté de Nicolas Roland. Des qu'il appril les grands fruits produits à Rethel et à

1 Cette lettre a été découverte, en 1843, par Mff1 Gousset. Nous l'arons copiée sur la collection officielle, série E, n° NT.

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