ECOLE DE LAON
Guise par les instituteurs du chanoine de Reims, il résolut d'en obtenir pour sa paroisse. Ce n'est pas que la ville de Laon manquât de maîtres d'école. Mais, ou bien celaient des mercenaires plus occupés de recueillir des rétributionscolaires que d'instruire les enfants, ou bien c'étaient des clercs ou chantres, auxquels Les devoirs paroissiaux ne laissaient pas assez de loisirs pour tenir sérieusement leurs classes. L'instruction des enfants était for! négligée; les pauvres surtout, qui ne pouvaient payer la redevance mensuelle, étaient complètement abandonnés. Il en résultait, dil le Mémoire que nous suivons, « un si grand dérangement et une si extrême ignorance des mystères de notre sainte religion et des petites lettres, que cela excitait à compassion1. »
La ville donna une maison pour loger les maîtres. Les chanoines réguliers de l'abbaye de Saint-Martin. Ordre des Prémontrés, s'engagèrent à fournir une partie de leur subsistance. M. Guiart se chargea du reste et assura la haute protection de César d'Estrées. évêque et duc de Laon. L'école fut ouverte au mois d'octobre 1C)S22. et le bien qui en résulta fut si frappant, que, l'année suivante, les magistrats du conseil votèrent une subvention annuelle de cent cinquante livres pour l'entretien des maîtres.
M. Xvel . toujours prêt à de nouvelles entreprises, avait quitté Guise pour fonder l'école de Laon. Il parut avoir pris dans celte ville un peu de stabilité, car il y demeura plus de deux ans. Ce ne fut qu'en 1685 qu'il en partit pour prendre, à Rouen, une retraite méritée par de nombreux travaux.
1 Mémoire de l'établissement des Frères des Ecoles chrétiennes gratuites (Lins /■■/ ville de Laon. Manuscrit conservé aux archives de la maison mère. Les dates \ son! généralement fautives. — - Lucard, Annales, p. 19. Maillefer, p. 'd>, dil que l'école de Laon a'ouvrit qu'en 1683. \<>us avons pris la date de lti>s2. parce que le vote du conseil de ville, qui esl certainement *\u 1'.» novembre 1683, a été l'ail un an après la fondation.
Ces quatre fondations, faites en une même année, permirent à M. de la Salle de pressentir quel essor pourrait prendre son œuvre, s'il lui donnait tous ses -oins. Aussi allait-il l'organiser et lui consacrer entièrement sa vie.