VIII PREFACE
chaque dimanche, les apprentis désœuvrés. Il leur ouvre en effet ses écoles, leur fait enseigner l'arithmétique el le dessin, el leur donne une solide inslruetion religieuse : il /Inde, par là. à la création des patronages de jeunes ouvriers et à la fondation des classes traduites. C'est 3si l'enseignement professionnel qui débute. A Rouen . les commerçants el les manufacturiers lui confient leurs enfants, afin qu'il les prépare, en dehors dc< éludes classiques, aux carrières industrielles el eommerciales. Il reçoit ces jeunes pensionnaires; il élabore. pour eux, un nouveau programme d'études, très pratique, supérieur au programme des petites écoles. C'est renseignement moderne, distinct de renseignement classique, qu'il crée de toutes pièces; les Frères le développeront avec succès, et l'Etat, sous le second Empire, le leur empruntera.
Il gouverne par le bon sens toutes ses écoles. De ce qui s'est fait jusqu'à lui, il ne relient que ce qui est raisonnable; il veut que déjeunes Français apprennent à lire dans leur langue: dans ses classes l'emplies de nombreux élèves, il abolit renseignement individuel pour v substituer le mode simultané. Il inaugure de la sorte cette méthode féconde, qui, depuis trente ans. a fini par s'implanter dans toutes nos écoles, si bien que c'est la pédagogie de Jean-Baptiste de là Salle qui régit l'instruction primaire.
I ne vie dont l'influence sociale a été si profonde el si durable, méritait d'être connue du publie.
Ce n est pas que plusieurs écrivains, entre autres Blain, Garreau, Salvan, Ravelet, Lucard, n'aient déjà raconté les vertus et les oeuvres du fondateur des Frères. Mais, pour <les raisons diverses, leurs travaux ne sont guère sortis de la sphère où se meuvent les Frères des Écoles chrétiennes. Le livre de Blain, assurément le meilleur, esl moins nue histoire qu'un volumineux traité de spiritualité, donl Jean-Baptiste de la Salle lui fournil