‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 76 sur 320 · VŒUX D'OBEISSANCE · texte numérisé non relu

VŒUX D'OBEISSANCE

mais indéfiniment renouvelable, ne garantirait -il pas l'ordre de la communauté et la stabilité de ses membres?

L'avis du Saint prévalut. Son sentiment avait d'autant plus de poids, quil connaissait mieux la conscience de ses disciples. On décida d'un commun accord que. le jour de la Trinité, le vœu d'obéissance serait prononcé, pour un an seulement1, par tous les maîtres présents à la retraite; que chaque année, le même jour, ils seraient convoqués pour le renouveler. Il fut ensuite question des autres sujets de l'Institut : que demanderait-on aux maîtres qui ne suivaient pas cette retraite? Afin de n'engager personne contre son gré, et pour que la porte restât toujours ouverte à ceux qui voudraient se retirer, on décida de les admettre, sur leur demande, au vœu simple et annuel d'obéissance2.

Le matin de la sainte Trinité, dans l'humble oratoire de la rue Neuve, furent prononcés les premiers vœux de l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes. M. de la Salle en avait dressé la formule et l'avait signée3: chaque maître en avait fait une copie et y avait de même apposé sa signature. Le saint fondateur célébra la messe et communia ses douze disciples: puis, le cierge à la main, il prononça le vœu d'obéissance4. Les maîtres le suivirent au pied de l'autel et prirent le même engagement. Tous ensemble, le lendemain, allèrent à Notre-Dame de Liesse, pour mettre leurs promesses sous la garde de la Vierge fidèle.

En se séparant, les douze premiers religieux de l'Institut se donnèrent rendez-vous pour l'année suivante. Huit seulement furent présents au jour marqué et renou-

1 i'.i.AiN. p. 236, affirme qu'on décida de luire le vœu d'obéissance pour trois .-ms; nous adoptons de préférence la version de frère Heunard, p. 63, ci • !<■ M.wi,i.i'.ri;i; , ;.. 78, qui affirment tous deux que le vœu d'obi ne lui fait que pour un an. — - Blain, p. 2-'!7. — 3 Nous

n'avons | formule, ri qous no savons pas si elle fut la même

qu'on 1694. Blain, p. 236, affirme que <■«• lut la même, et, deux lignes après, il dit qu'elle fut modifiée en 1694. — * M.ulllklk, p. 79.

vêlèrent leur vœu. Les quatre autres refusèrent de s'engager pour une nouvelle année ; ils usèrent de leur liberté pour retourner au monde1. Cette désertion, qui affligea, sans le surprendre, le cœur du Saint, le confirma dans la prudente lenteur dont il usait envers ses chers enfants. Jusqu'en 1694, il ne permit point qu'aucun Frère prononçât des vœux perpétuels2.

Depuis le '21 mai 1681, le jour de la Trinité est demeuré cher aux fils de Jean-Baptiste de la Salle. En souvenir des premiers vœux, ils célèbrent cette fête avec une extraordinaire solennité, et ils renouvellent, aux pieds des autels, leurs propres engagements.

Nous avons dit que la question du costume, résolue en principe, avait été abandonnée à la sagesse du supérieur. Ce fut au commencement de l'hiver de cette même année, que la Providence offrit à M. de la Salle l'occasion de la résoudre.

Sous la pluie et la neige, les maîtres traversaient, quatre fois par jour, les rues de la ville pour aller à leurs écoles. Mol protégés par leur habit court et léger, ils inspiraient de la pitié aux habitants. Le maire de Reims en lit la remarque à M. de la Salle, et lui conseilla de les revêtir de capotes, « pour les tenir plus chaudement et les abriter contre les inclémences de l'air3. » La capote était un manteau à manches flottantes, fort en usage parmi les paysans de la Champagne. Comme c'était l'habit des pauvres, M. de la Salle l'adopta. Il fit confectionner aux maîtres des capotes en serge noire croisée, descendanl jusqu'à mi-jambe. En même temps, au vêtement laïque il substitua la soutane, faite de la même étoffe grossière, fermée en avant par des agrafes de

1 Blain, p. 23" p. 78. Des maîlivs ;iss»'ml)k''s on 1 1» S i

on connaît :Adrien Nyel, Henri L'Heureux, Nicolas Vuyart; Jean-François, reçu en 1682 e\ morl en 1684; Jean Paris, dil Frère Joseph, reçu en 1683 el morl en 1694. Les autres sont r anus. (Note de Lu-

i urd, Annales, p. 26.) — ; Blain, p.

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