‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 83 sur 320 · SON ESPRIT D'ORAISON. SES MORTIFICATIONS. SON HUMILITÉ. SON ZÈLE · texte numérisé non relu

SON ESPRIT D'ORAISON. SES MORTIFICATIONS. SON HUMILITÉ. SON ZÈLE

Pour assurer le succès de son Institut, M. de la Salle comptait moins sur son dévouement personnel que sur le secours de Dieu. Il agissait avec autant de zèle que si le résultat eût dépendu de lui seul : mais il priait avec humilité et persévérance, parce qu'il savait par la foi qu'aucune œuvre n'est solide et durable, si Dieu lui-

1 Lucard, Vie..., p. 70. — - L'école de Château - Porcien , prise en 1682, parait avoir été abandonnée avant 1684. Nous sommes porté à croire que vers 1685 M. de la Salle du1 prendre, du moins momentanément, une école à Sedan. Il est vrai que les dois premiers biographes n'en parlent pas. Mais, dans l'épilaphe de Louis de la Salle, non- lisons que son frère Jean -Baptiste Vent raina pour faire la classe lan : ce détail n'eût pas été consigné dans une épitaphe, s'il u'eûl été historique. D'autre part, nous lisons dans le manuscrit de Bernard, p. 67, que Louis de la Salle fut envoyé à Guise pour y l'aire la classe, que Louis de la Salle a rayé, en 172 lignes du ma-

ui le concernenl ; mais nous croyons qu'il les a rayées comme tous les autn où il est question de lui, ou parce qu'on avait

écril Guise au lieu de Sedan. En tout cas, l'essai de Sedan n'eut point de suite.

même ne la bâtit. Malgré ses innombrables travaux et les soucis incessants que lui donnaient les écoles, il consacrait à l'oraison de longues heures, parfois des jours el des nuits en entier.

Sa vie était comme une prière ininterrompue. Même au milieu des affaires, il n'était pas désoccupé de Dieu. Sou air toujours recueilli et ses paroles toutes pleines d'esprit surnaturel témoignaient qu'il ne perdait pas un instant le sentiment de la présence de Dieu. Il sentait si bien que là était toute sa force, qu'il consaerail à l'oraison Ions ses moments de liberté.

Pour trouver Dieu plus sûrement, il s'était fait une solitude dans sa propre maison. Il y avait sous le toit un réduil fort pauvre, si étroit que deux personnes ne pouvaient y demeurer à la fois, aussi exposé aux rigueurs de l'hiver qu'aux chaleurs excessives de l'été. M. de la Salle s'y dérobait aux importunités des visiteurs, et s'y livrait sans trouble à la contemplation. Il y entrait avec Dieu dans un commerce si intime, qu'il soutirait d'en sortir. Les heures du jour ne suffisanl pas pour le rassasier dv< communications divines, il y passait souvent une partie de ses nuits.

Il avait si bien triomphé de sa tendance au sommeil, qu'il n'accordait à son corps qu'un petit nombre d'heures de repos : encore prenait-il souvent ce repos, sans se dévêtir, sur une chaise ou sur le plancher de sa chambre. Aussi, lorsque la cloche de la communauté L'appelait, dès quatre heures du malin, à l'oraison, était-il arrivé toujours le premier à la salle des exercices.

Le culte qu'il avait pour saint Rémi, l'apôtre dc> Francs, le conduisait fréquemment près de son tombeau. Mais, pour prier librement et longuement, le jour ne lui suffisait point. Il se faisait enfermer dans l'église le vendredi soir; durant toute la nuit, à genoux dans une tribune de l'abside, il répandait son âme dans la prière et puisait dans le sein de Dieu la grâce qui leçon-

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