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CHAPITRE IV

LES ÉCOLES DE S AINT- S U LPIGE 1688-1691

ORGANISATION DE L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A PARIS. LES ÉCOLES DE SAINT - SULPICE EN PARTICULIER

La plus grande difficulté qu'éprouva M. de la Salle, en arrivant à Paris, fut de se faire une place dans la capitale ; car non seulement l'enseignement primaire n'y était pas négligé, mais il y avait pléthore de maîtres et d'écoles. Pour comprendre la suite de cette histoire, il ne sera pas inutile d'exposer nettement cette situation scolaire, spéciale à Paris1.

L'instruction élémentaire se donnait aux enfants dans les petites écoles. Le chantre de Notre-Dame avait sur elles une pleine autorité : aucun maître ne pouvait ouvrir une classe sans son approbation; chaque année, au 6 mai, les maîtres faisaient renouveler par lui leurs lettres de

1 Cf. Pompée, Rapport historique sur les écoles primaires de la ville de Paris /Jourdain, Histoire de l'Université de Paris; André, Nos maîtres hier; Cl. Jolv, Traité des écoles épiscopales et ecclésiastiques. Nous avons expost'-, dans notre introduction, la situation générale des écoles en France.

maîtrise. Pour éviter toute contestation, le chantre avait divisé Paris en cenl soixante-sept quartiers; il n'y avait, dans chaque quartier, qu'une classe de garçons et qu'une (lasse de filles : depuis 1(>72, le nombre des maîtres et des maîtresses se trouvait porté au chiffre de trois cent trente -quatre1. Les maîtres et les maîtresses formaient entre eux une corporation dont le chantre était le chef-. Le chantre jugeait gratuitement tous les différends qui s'élevaient . entre eux; il les protégeait surtout contre les empiétements d'instituteurs étrangers et sans titres. Chaque maître d'école avait en effet besoin, pour vivre à l'aise, de la rétribution scolaire de tous les enfants de son quartier.

La concurrence contre ces écoles officielles venait de plusieurs entés à la fois.

Malgré la vigilance du chantre, il y avait un grand nombre d'écoles buissonnières . On avait d'abord donné ce nom aux classes que les huguenots, privés du droit d'enseigner, avaient créées par fraude, à la campagne, dans les haies et loin des centres habités. On l'appliqua dans la suite à toutes les écoles où des maîtres non approuvés recevaient les enfants. Ces sortes d'écoles étaient traitées sans ménagement par la justice, tant à la chan- Irerie qu'au parlement.

Il était plus difficile de vaincre la concurrence de l'Université, parée qu'elle se tenait dans la légalité. L'Université protégeait, en effet, les maîtres de pension. Dans ces pensions ou collèges, dont la fondation remontait au \i\ siècle, on n'avait point tout d'abord donne de leçons, on avait seulement eonduit les élèves aux cours de l'Université. Mais peu à peu. dc^ répétitions, puis des cours, axaient été faits aux écoliers. Pour attirer plus

I t. I'. mm i . p. Ils. - Pour les pouvoirs du chantre el la liste des chantres de Notre-Dame, voir Pompéi . p. 151-156. Voir aussi, aux Archives nationales, la collection des factums échangés entre le < bantre el les curés «le Paris, LL. M'2.

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