CHAPITRE XM. 2Î
lous lesëleiueiilt; liarbiires, réunis en rameaux serrés el l'aiinc au bras, assistaient à sa ruine. Ils se mirent alors à le frapper, à le déchirer, pour en prendre leniparl. A cet instant, la civilisation païenne s'éxanouit, et le (lambeau de l'Église resta seul dans la main du successeur de Pierre. Rome respira plus lieureuse et plus libre à sa clarté. Dos lors elle abandonna ses membres cpars et gangrenés à la rapacité des barbares; et, pour elle, contente d'être désormais le cœur du monde et le foyer de la famille humaine , elle se recueillit pour toujours auv pieds du Vicaire de Jésus-Christ. Elle consacra son indépendance, au milieu de tous ces peuples divers, en se faisant pour toujours son apanage.
En vain des hommes, se disant les fléaux de Dieu, vinrenlils inonder le territoire romain de leurs ravages ; ils ne vinrent que pour subir, comme Héliodore, la flagellation d'un bras invisible et tout-puissant. Ils étaient accourus pour effacer le nom de Rome et détrôner à jamais son pontife; ils s'enfuirent le cœur plein de respect et d'adoration.
Mais le Dieu Sauveur, qui s'appelle aussi le Dieu des armées, ne prend pas toujours au ciel les exécuteurs de ses volontés souveraines. Il a d'autres instruments que ses envoyés célestes ; il réclame souvent sur la terre le ministère de ses amis pour remplacer le ministère des anges. C'est ainsi qu'il nous a doiuié les plus belles pages de noire histoire. Voyons en ell'el.
\a\ barbare subalpin, Astolphe, ne croit point que le représentant du ciel en ce uioude doive occuper une place matérielle à notre soleil. En conséquence, il médite une armexion sacrilège; il veut frapper de son épée le rocher sur lequel saint Pierre a planté la croix du Sauveur, pour y planter aussi son sceptre et s'asseoir en maître à c(Mé du vicaire de Jésus-Christ. Alors le Sauveur appelle du pays des Francs, Pépin, son serviteur, qui repousse le barbare. Pépin, victorieux au nom du ciel, se retire avec respect, et ne laisse que son nom et celui de la France au pied de la croix du Capitole. C'est ainsi qu'il s'inscrit en lèledu tableau de la famille, parce qu'il en est le fils aitié.
Dès qu'il n'est plus, la barbarie s'agite et menace encore. Didier, le Lombard,' le successeur des Boyens de la Cisalpine, arrive à la tète de ses soldats, et veut aussi lui placer son trnne sur la même montagne, au-dessus du trône du père de la fa-
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iiiille. Mais le nom de la France est là; désormais Dieu s'est fait de son chel' un ange protecteur qu'il place à la porte de son Église, et de son épée, un glaive de feu pour écarter le crime du lieu saint. Charlemagne, le fils aîné, vient prendre en main ce glaive, et chasse honteusement le barbare; puis il va se prosterner devant le Vicaire du Sauveur, pour recevoir de lui la couronne des rois de la terre et la bénédiction des enfants de Dieu.
Aux li'istes jours de nos douleurs et de nos épreuves, nous avons du nous incliner encore sous le joug que nous ont légué les siècles barbares ; nous avons vu s'élancer encore des gorges cisalpines une nuée d'ennemis acharnés, marchant à la lueur de l'incendie, et s' avançant contre le saint lieu, la mansuétude sur les lèvres et le fera la main. Et ces eimemis attendent leur heure, là debout, aux portes de Rome, les ^eux fixés sur le siège de Pierre, sur Pie IX et sur la France qui les regarde , assise, calme et paisible à ses côtés. Est-ce là pour nous le signal du déclin, et l'heure de l'agonie?
0 Fille ainée de l'Eglise, ô ministre du ciel, n'abdiquez jamais votre mission divine; entendez toujours l'appel de Dieu! ne le raetlez jamais en demeure de confier à d'autres mains les plus chers intérêts de sa miséricorde et de sa gloire !