‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 109 sur 214 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Lettres à Rumc. — Dôpart de Cuciise. — Morl do saint Cbi y&ostome. Réliabililalioii de sa mémoire.

Avec les bruils de pei-séculiou el les gémissements des victimes, quelques lueurs de consolante espérance arrivaient aussi parfois jusqu'à l'àme du saint patriarche. Ces espérances étaient pour lui conmie une brise rafraîchissante qui venait tempérer les rigueurs de son exil.

On lui raconte ce qui s'est fait en Occident pour le repos de l'Église ; il apprend que le souverain Pontife a résolu de le rétablir sur son siège et de mettre au plutôt un terme à cette longue agitation. Le saint évAque est pénétré de reconnaissance pour la persévérante intervention du chef de l'Eglise universelle et pour l'ardente coopération des évpques ses frères, qui, dans cette circonstance, ont payé généreusement de leur influence et de leur personne. Bien qu'exténué par la soufï'rance, il s'empresse de recueillir, par un suprême efîort, le reste de forces et de vie qui le soutiennent encore, pour envoyer l'expression de sa gratitude à ses infatigables défenseurs.

Vénérius, évêque de Milan, Chromace d'Aquilée, saint Gaudence de Brescia,Aurélius de Carthage, Hesychius de Salone, les évèques formant la députation et les pi^ètres de Rome reçoivent de lui des témoignages de vénération et de reconnaissance. « Vous savez, leur dit-il, la brillante M couronne et les récompenses magnifiques que le Sau-

« veur vous iM'serve, poiu- les tra\<ui\ ri les soufTi-ances « que vous vous êtes imposés en laveur de la prospérité « de l'Eglise et de la paix du monde entier. »

Le saint suivait en efîet du cœur et des yeux les démarches , les voyages et les fatigues des défenseurs de sa cause; son âme se soulageait par les encouragements qu'il leur prodiguait ot par les témoignages incessants de sa gratitude et de son admiration. Il leur écrivait sans cesse; il ne laissait passer aucune occasion : tous les prêtres qui partaient pour l'Italie étaient chargés de quelques-unes de ses lettres, (jui portaient au siège éle-rnel du bercail de Jésus-Christ les dernières aspirations de son âme et les dernières alïcctions de son cœur.

Il témoigne aussi particulièrement son admiiation aux députés du souverain Pontife, poui' l'ardente charité qui leur a fait affronter les fatigues d'un aussi long voyage. Mais à cette époque il ignoré encore et la rigueur intolérable de leurs épreuves, et la désolante stérilité de leurs efforts. Il les remercie avec effusion de larmes; il les conjure de ne jamais faiblir dans la défense de sa cause, dont le triomphe est celui de l'Eglise de Jésus-Christ. Il écrit aux prêtres : « Tous vous êtes soumis aux fatigues, aux « privations, aux périls d'une longue et dangereuse navi- « gation ; vous avez payé le tribut de votre dévouement a et de votre vie à l'iionneur, à la prospérité de l'Eglise. « Attendez et contemplez au ciel les couronnes célestes « destinées en récompense à vos travaux. »

L'évêque de Césarée de Palestine, Euloge, reçoit aussi lui du saint des encouragements et des conseils. Saint Chrysostome ranime son ardeur pour la défense de la foi chrétienne. Il lui rappelle avec éloges la ])uissante impulsion que son initiative a doimée à tous les évoques de la Phénicie.

Le saint écrit encore à r('\ê(pie Jean, de Jérusalem, dont la piété, le courage et la constance lui semblent mériter un juste ti'ibut de louanges et de félicitations.

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