CHAPITRE XXil. ?.0D
« que jour les glaives des Isaures me mettent les appi-èts « sous les yeux.
(( Au milieu de ces terreurs mortelles, votre confiance « inébranlable, votre amour constant, et l'immense bience lait de votre appui sont le plus doux soulagement qui « puisse venir tempérer les chagrins amers de mon âme. a C'est là le ralraichissement de mon cœur ; c'est le rem- « part, la sécurité, le port sans orage. C'est là le trésor a de tous les biens, c'est la source intarissable d'un ina comparable bonheur.
« Avec votre amour paternel, on peut m'entrainer dans a des régions plus inhospitalières et plus désolées que « celles de nos montagnes. .J'emporterai partout le baume « consolateur qui charmera toutes mes tribulations et « toutes mes souffrances. »
Ainsi parlait saint Chrysostome à celui qui regut du Sauveur l'ordre et le pouvoir de soutenir et de consoler ses frères dans l'apostolat. Il parlait en fds soumis, mais en pasteur fidèle. Dieu lui faisait sans doute accomplir, à son insu, les dernières obligations d'une carrière sacerdotale dont il avait marqué la fin. L'accomplissement de tous ses devoirs, c'était, eu effet, la rupture de tous les liens qui le retenaient encore à la vie.
11 venait de prendre congé du pères des apôtres et des évêques. Il n'avait plus qu'à marcher à la consommation solennelle de sa double mission de chrétien et de pasteur. Il devait, comme le Sauveur lui-même, succomber à la violence; comme lui, prêtre et victime, il devait, avant sa mort, régler toutes choses, assurer le sort de ses amis, et mourir ensuite dans toute la plénitude des facultés de la vie.
11 imite le Sauveur, reconmiandant à saint Jean, sa mère, mais à sa mère, donnant pour fils, dans la personne de son disciple fidèle, son enfant chéri, son vrai fils bien-aimé, le genre humain. Comme .Jésus-Christ, saint Chrysostome , après l'adieu suprême au souverain
■>:■){) SAINT CII.llYSOSTOME.
Pontile, sou père, he souvient qu'il laisse sur la terre une nière et des disciples, dans la personne de sainte Olympiade et de ses amis.
Il recommande ceux de Rome a Proba Faltonia, l'une des plus illustres dames romaines. Proba , veuve du célèbre Anicius Probus , possédait d'immenses richesses, et jouissait, en Occident, d'une grande considération. Saint Chrysostome lui confie le sort de deux amis dévoués, élu prêtre Jean et du diacre Paul : « J'appelle, lui dit-il, « votre sollicitude sur mes frères bien-aimés, le pieux « prêtre Jean et le diacre Paul; je les dépose en vos (( mains, comme en un port assuré contre toutes les temu pêtes. »
11 écrit encore, pour d'autres besoins, aux dames Italique et Julienne. Julienne était mère de Démétriade et veuve d'Olybrius, fils de Proba. Le saint leur déclare que la coopération de la femme est essentielle pour le parfait accomplissement des bonnes œuvres; il veut qu'Italique se consacre à conjurer les malheurs présents. La femme, à ses yeux, doit s'associer à l'homme dans ses épreuves et ses combats pour la cause de Jésus-Christ et pour l'honneur de son Église. « Dans les combats du Seigneur, lui « dit-il , et dans les tribulations de l'Église, c'est à vous « que sont destinées les plus grandes parts de la force et « du courage, et les plus sûres garanties du succès. »
Dans ses lettres aux évêques d'Orient, revenus d'Italie avec les députés du souverain Pontife, il recommande encore le diacre Jean et le prêtre Paul. 11 semble être constamment préoccupé de leurs souffrances. Il les représente comme des hommes poursuivis et traqués en tous lieux par la haine des persécuteurs, n'ayant pas une pierre où poser la tête; hommes sans protecteurs, sans amis; ne pouvant rencontrer nulle part ni d'abri, ni de refuge, et demeurant sans cesse exposés aux coups des schismati^ ques, qui les persécutent avec un acharnement cruel.
Puis , il se révèle tout entier : il fait comprendre qu'à