‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 132 sur 214 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

listes, les écrils de Pelage contre la vraie doctrine sur la grâce, la double morl de sainte Olympiade et de saint Pammachius, enfin le sac de Rome par l'armée d'Alaric, furent un ensemble de calamités qui firent couler bien des larmes (409).

L'Église eut quelques sujets de consolation dans les travaux de Pallade, ami de saint Chrysostomo, dans quelques lois d'Honorius en faveur de la foi chrétienne, et dans les vertus du jeune Théodose, empereur d'Orient. Ces avantages furent à peine balancés par la mort de Rufin et de sainte Mélanie l'Ancienne. Sous l'impulsion de saint Augustin, l'Afrique réunit plusieurs conciles pour le maintien de la discipline et de la foi. En Italie, saint Paulin est élevé sur le siège de Noie dans la Campanie. En Orient, Synésius reçoit la direction de l'église de Ptolémaïde en Phénicie. Enfin, quelques lois de Théodose le Jeune contre les perturbateurs de la paix, la conversion d'Agapet et les vertus de sainte Euphrosyne et de sainte Euphrasie, viennent s'ajouter à cette série d'heureux événements qui semblent de nature à faire reparaître la sérénité sur le beau ciel de l'Église (4tl).

Sur la fin du pontificat d'Innocent I*', la famille chrétienne ne fut point abandonnée des faveurs terrestres du ciel. Les écrits de saint Augustin et de saint Jérôme semblèrent inaugurer une ère de prospérité nouvelle. Des faits consolants se succèdent avec rapidité dans les deux empires. Les conférences de saint Augustin avec les donatistes d'Afrique, les vertus admirables de saint Exupère de Toulouse, les sages dispositions du concile de Drague, le courage apostolique de Synésius, son attitude contre Andronic, usurpateur de la Pentapole, son intervention en faveur de saint Chrysostome, son attachement à la justice dans cette affaire et dans celles de Paul d'Erythrée et de Jason, ainsi que sa belle conduite pendant le siège de Ptolé maïde, les lois d'Honorius pour l'Église, les lettres d'Innocent à Rufin, Aurélien et Félix de Nocera, les conciles de Carthage et de Ciriha, la morl édifiante de Théophile d'Alexandrie* et la

■ Nous regardons comme édifiante la mort de Théophile, parce que nous acceptons comme vrai le fait raconté par saint Jean Damascène. D'après ce saint, Théophile, sur son lit de douleur, se serait fait présenter l'image de saint Chrysostome, et, par une juste réparation, au* l'ail versé des larmes de repentir. Le diacre, ci<é par Jean Damawf'np,

promotion de saint Cyrille, forment une série de laits consolants qui sont heureusement couronnés par de nouveaux travaux de saint Augustin, de saint Innocent, de saint Paulin, de saint Jérôme et de saint Maruthas de Perse, par la mort héroïque de Marcellin d'Afrique et la pieuse résolution de Démétriade, parle concile de Macédoine, et surtout parla conversion de tout un peuple barbare, des indomptables Bourguignons (Ht, 412 et4i:^).

Quelques ombres vinrent à peine assombrir cet ensemble de beaux jours et de prospérités exceptionnelles.

A celle époque, l'empereur Théodose cède à ses sentiments de reconnaissance et de vénération pour sa sœur Pulchérie, et lui donne le titre d'Auguste en môme temps qu Ataulfe épouse Placidie, fille de Théodose P', qu'il retenait captive. Ce prince, après cette union, intervient dans une guerre d'Espagne, et va tomber, à Barcelonne, sous un poignard assassin.

On admire alors le génie du jeune Orose, qui, pour se mettre on mesure de défendre le christianisme, va réchaulfer son

110 parle point de larmes, mais on peut déduire celte circonstaiico de l'ensemble de son récit.

Un auteur moderne, Henriou, qui cite beaucoup d'autres faits moins certains, regarde cette démonslration de Théopiiile comme invraisem- })lab]e : nous sommes d'un antre avi*.

Le fait est raconté par un homme sérieu.x, puis il est recueilli par un auteur plus sérieux encore, et rapporté comme preuve de l'influence et de l'utilité des images [Snint Jean Damascène, nrot. 3 de Imaqin.). Nous ne connaissons point les raisons qui font nier à M. Henrion la vraisemblance de ce récit. Voici les nôtres pour l'opinion contraire :

1» Le fait n'est point surnaturel; 2" il n'est point impossible, car la vénération universelle dont jouissait saint Chrysoslome autorise à croire que son image devait être répandue dans un grand nombre d'églises, surtout si l'on considère l'amour, le dévouement et l'admiration qu'il inspirait à tous les cœurs; 3" il n'est point croyable qu'une intelligence comme celle de Théophile ait pu se résoudre à paraître devant Dieu sans avoir au moins tenté de réparer lui crime, plus évident pour lui que pour tout autre, et qui pesait si fort sur sa conscience. Il nous parait impossible de penser que cet homme, dont l'inlelligence était éclairée, soit mort sans donner à cet égard des signes <le rcpenfu'. S'il n'a pas fait ce que l'on raconte, il a donc dû faire 'luelque chose d'analogue.

Par ces motifs, nous regardons comme vrai le fait du repentir de Théophile, et comme vraisemblable le récit de saint Jean Damasc^ne; voilà pourquoi nous l'avons rapporté flans cette histoire.

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