CHAPITRE XXIII
« cateui', celui-ci la trompette. Le preniiei' lut inébran- « lable, le second se montra plein d'indépendance et de « liberté. Tous deux furent plus forts que la mort; tous « deux eurent la force et la stabilité de la roche immobile, (f L'un fut vierge, l'autre se fît le défenseur et l'ami de « la virginité. L'un baptisait dans le désert, l'autre jetait « ses filets dans la capitale de l'empire. Le précurseur « flétrissait l'adultère, l'évêque flagellait les ravisseurs. « Le premier paya de sa tête l'indépendance de sa mission « et son inébranlable fermeté, l'autre accepta les tour- « ments d'un cruel et lent martyre. Ils eurent pour der- « ntère demeure, l'un un cachot, l'autre l'exil. Ils furent « unis, sur la terre, par les épreuves et par les combats; « et dans le ciel ils partagent leurs splendeurs et leurs « nombreuses couronnes.
« Oui, Jean, votre pasteur bien-aimé, peut s'écrier en « ce jour avec le bienheureux Paul : Nous sommes la « bonne odeur de Jésus-Christ. Voyez donc! il a banni « l'erreur de tous les lieux qu'il a parcourus sur cette terre. « Dans la ville d'Ephèse il a stigmatisé la passion stupide « de Midas. En Phrygie, par le seul empire de sa parole, « la Mère des Dieux a perdu le prestige de sa maternité « mensongère. A Césarée, il a purifié les lieux de prosti- « tution de leur trafic impur. Il a purgé la Syrie des en- « nemis du culte du vrai Dieu. Dans le royaume de Perse, « il a répandu partout la bonne semence de la parole di- « vine. Dans toutes les contrées accessibles à son influence, « il a posé des fondements inébranlables aux vérités de la « foi. Son éloquence a porté la connaissance de Dieu K jusqu'aux extrémités du monde. Il a composé des livres; « il a dilaté partout les filets des pécheurs de l'Évangile. « Avec Jean, l'apôtre bien-aimé du Sauveur, il a révélé le « Verbe du Père; avec Pierre, ï\ a fondé la confession des « péchés ; enfin il a mêlé ses sueurs à celles du grand « Paul, pour la propagation de TÉvangile.
« O Jean, ton existence fut abreuvée d'angoisses; ta
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a nioi-t fui. iiiiu splcndeui- de gloire ; la tuinbe cbt rayou- « liante de Ijeauté; ta récompense est infinie! »
En prononçant ces paroles, Proclus paraissait ti-ans ■ porté d'admiration et de Ijonheur. vSes sentiments passaient avec tout leui- feu dans lame des fidèles. In frémissement uniNcrsol alors se fait entendre ; c'est l'amour du peuple qui se réveille. Ce peuple, le cœur plein de ses anciens souvenirs, remplit de ses acclamations l'immense basilique; il demande son évèque Jean. Il veut posséder sa dépouille; il veut avoir le tombeau de son pasteur à côté de son pi-opre tombeau. Telle fut la {^l'ande voix que Dieu daigna faire entendre, après celle de l'évêque, pour louer dignement la sainteté de son serviteur; tel fut l'éloge funèbre qu'il Jugea seul à la hauteur tle ^héroïsme de ses vertus.
Proclus, l'ancien ami, l'enl'ant privilégié du saint, \cnait de provoquei-, et sentait vibrer dans son âme, toutes les expressions d'amour qui s'échappaient de ces poitrines et qui proclamaient, à la face du monde, la reconnaissance et l'initiative de son troupeau. Ces manifestations répondaient à ses désirs les plus chers et les plus intimes. Dans cette circonstance, Dieu lui fit comprendre que la présence, à Constantinople, des reliques de l'évêque martyr devait gagner tous les esprits à la concorde et réunir enfin tous les cœurs; aussi s'empresse-t-il de saisir une occasion favorable pour travailler à l'accomplissement de cette importante mesure. 11 se présente au palais impérial; il fait appel à la piété de Théodose, et réclame la translation des restes de saint Chrysostome.
Le saint patriarche parut au pied du trône , tel qu'il s'était présenté devant son peuple, le cœur plein d'enthousiasme et d'ardeur. Il représente au jeune empereur, que s'il est, selon la nature, l'enfant d'Eudoxie, il esl aussi, par le baptême et selon Dieu, le fils bien-aimé du saint dont on réclame la dépouille mortelle. Il lui déclare que, par le retour des restes de celui qui fut son père, il