‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 138 sur 214 · CHAPITRE XXm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXm

donnoru des gai'untiL'S de sécurité poui- la ville de Cuiislantinoplc et de stabilité pour la gloire et la prospérité de l'empire.

« Allez, seigneur, lui dit-il, allez chercher celui qui « vous a régénéré par l'eau, par le l'eu, pai- la vertu di- « vine de l'Évangile , celui qui , semblable au vieillard « Siméon, vous a reçu dans ses bras, après que sa puis- « sance sacerdotale vous eut donné le caractère ineffaçable « d'enfant du Sauveur. Prêtez l'oreille à la voix de l'Eglise M votre Mère : « On a lacéré, vous dit-elle, et mis en lama beaux ma tunique sans couture ; mes lèvres ne prêtent « plus leur ministère à ma voix ; ma beauté s'est évanouie ; « le sanglier de la forêt a dévoré Chrysostome, le pasteur « vigilant de mon troupeau. Des bêtes féroces ont dissipé « tous les fruits de mes labeurs, toutes les conquêtes de « ma parole. Le noir poison de l'envie a voulu souiller à « jamais la sainteté sans tache de mon ministre. La hache « impie l'a séparé de mon cœur et l'a coupé comme le « bois de la forêt. J'entends les cris de victoire des assem- « blées de l'hérésie.

« Nous avons fermé, s'écrient-elles, ces lèvres puis- « santés qui nous retenaient captives, et qui nous livraient « à l'opprobre de la stérilité, de l'impuissance et du mé- « pris. A cette heure sa voix est sans écho, son or est avili ; « nous avons immolé l'oracle de la doctrine, qui nous conte damnait à subir la honte du silence.

« Jusques à quand, empereur, souffrirez-vous que la « cause du grand évêque soit refoulée dans l'ignominie « par l'impiété triomphante de ses oppresseurs? » Rendez- « moi l'homme de mes espérances. Rendez-moi l'homme « divin qui gérait la personne de Jésus-Christ, mon céleste « époux. Rendez-moi , seigneur, à moi qui suis votre « mère, celui qui vous a donné sa vie. Eudoxie est votre « mère selon la nature ; c'est elle qui vous a donné le jour; « mais souvenez-vous que ce fut par un attentat impiequ'elle osa nous frapper de cette douleur cruelle. Gardez

« VOUS de VOUS constituer l'imitateur servile de la chair et « du sang. Marchez dans les sentiers de la justice et de la « sainteté de l'esprit et du cœur, sans lesquelles nul icici bas ne peut espérer jouir un jour de la vue ineffable de (( Dieu.

{( Eudoxie passe et disparaît de la scène de ce monde; « rÉglise voit tout s'évanouir et demeure. Je suis votre « mère immortelle. Rendez-moi ma joie et ma sérénité « par le retour de Chrysostome. Vous m'aurez alors pour « médiatrice auprès du Roi du ciel, et Chrysostome sera « votre protecteur pour la gloire éternelle.

« Soyez donc aujourd'hui l'enfant de la justice et placez « vos espérances dans l'intercession de votre Père de l'é- « ternité. »

Proclus ajoute à ces prières de l'Eglise : « Si vous vous « empressez, seigneur, de rappeler saint Chrysostome « dans son église, non-seulement vous réunirez les parties « dissidentes du troupeau de Jésus-Christ, mais vous place cerez la foi chrétienne dans des conditions stables de « force et de prospérité. Vous ferez régner la paix dans la « famille chérie du Sauveur, et vous confirmerez l'union a et la concorde parmi les peuples soumis à votre puisce sance impériale. »

Théodose avait l'âme trop chrétienne et trop belle, pour se montrer insensible à de telles supplications. Elles rentraient trop bien d'ailleurs dans ses sentiments particuliers, pour que l'on eût à redouter qu'elles fussent repoussées.

Il accueille avec bonheur les paroles de Proclus. Et pour empêcher que les formalités administratives n'apportent des entraves à cette sage mesure, ou ne fatiguent l'impatience du peuple par d'interminables lenteurs, il décrète immédiatement l'exécution de sa requête.

A la pensée de cette juste réparation, il sent un poids immense se détacher de sa poitrine; il lui semble qu'il respire un air plus pur ; c'est qu'en effet son cœur filial se

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