‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 141 sur 214 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

« d'orateur aussi accompli que saint Chrysostome. » Eloge incomplet et qui ne présente qu'une des qualités de ce beau génie; il serait plus vrai d'affirmer qu'il ne s'est peut-être jamais rencontré d'écrivain plua universel ni plus parfait. Saint Chrysostome n'avait que la prétention d'annoncer la parole de Jésus-Christ, de propager ses enseignements divins ; mais sa puissante intelligence , aidée d'une imagination vive , qu'activait encore l'influence du climat brûlant de la Syrie , éclairée par une forte éducation, dans une atmosphère de foi naissante, et sous un ciel de feu, donnait à ses plus simples homélies, tantôt l'éclat poétique et pittoresque du dithyrambe , et tantôt la forme imagée d'une idylle également belle de fraîcheur, d'élégance et de simplicité. Souvent sa parole s'élève dans une variété ravissante de mouvements et d'images , et les vérités sublimes de la foi sont présentées par elle sous des formes empreintes d'une grandeur céleste et d'une incomparable majesté. Ouvrez ces pages inspirées, tout s'y trouve, tous les genres s'y succèdent, tout y fait jaillir la lumière dans l'âme et répand la sérénité dans le cœur : théologie, controverse, morale, histoire, poésie, tout est là.

Les vérités les plus austères de l'Évangile semblent s'assouplir sur ses lèvres et s'embellir de tous les charmes d'une parole enchanteresse. Quoi de plus sévère et de plus sombre, aux yeux matériels et bornés des sens, que cette claustration du cœur enfant du dogme chrétien, que l'on appelle la virginité ! Yoyez-la dans ses écrits ; c'est un rameau fleuri qui sort du tronc de l'Eglise catholique et qui ne s'épanouit que pour répandre le plus suave parfum de la vertu. Le corps de la Vierge n'est, à ses yeux, qu'une ombre céleste qui passe sur la terre ; son cœur est le lieu de repos de la charité divine, et son âme un pur reflet de la sagesse de Dieu.

Dans ses catéchèses, instructions destinées aux catéchumènes, il descend au niveau des intelligences auxquelles R'ndresseni ses enBeignemenfB, mais Bans jamais abais^Bpr

la majpstc'' du dogme évangélique. Dans une exposition simple et lumineuse de la doctrine chrétienne, la vérité se présente claire, précise et souvent embellie d'ima.çes splendides qui frappent l'imagination et qui saisissent le cœur. De ces admirables catéchèses, vrai trésor de doctrine accessible à tous les esprits, de ces instructions paternelles destinées à faire aimer et comprendre les premiers principes de la foi, deux seulement ont pu traverser les siècles de fer du moyen âge et sont parvenues Jusqu'îi nous. Elles semblent inspirées à saint Chrysostome pour notre siècle de stupide inertie en matière religieuse. Il expose et démontre la nécessité du baptême, du premier sacrement chrétien. 11 flétrit avec indignation et véhémence rinsouciance criminelle qui temporise et qui repousse, par d'interminables dé'lais, la réception d'un sacrement sans lequel ne sauraient exister ni le bienfait incomparable de l'adoption divine, ni l'avantage infini du bonheur éternel. Il demande que le catéchumène s'exerce chaque jour à s'initier aux vertus de la vie chrétienne ; il veut que cette âme neuve se détache, par d'énergiques combats, de tous les liens des passions et coutumes païennes qui forment aux yeux de la foi le cortège infernal du démon. Le catéchumène répétait souvent ces paroles : « Je te maudis, Satan. »

■ La nécessité de combattre jusqu'à la mort la puissance •de cet ennemi mortel de l'homme, revient souvent sous la plume de saint Chrysostome. Trois belles homélies sur la jouissance des démons et trois livres à Stagire sur l'avantage et le danger des tentations, ont pour but d'éclairer les consciences sur le pouvoir et l'action de l'esprit de ténèbres contre les âmes fidèles. Il représente l'enfer exhalant sa rage impuissante contre le chrétien qui le répudie au nom de Jésus- Christ. Dans ces pages admirables, le prix du sang de Jésus- Christ versé pour la rédemption de l'humanité, l'influence victorieuse de la miséricorde divine dans le châtiment des faiblesses humaines, et la con-

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