CHAPITRE XXIII
iliation, dans le cœur de Dieu, de l'amour et de la Jusice , se présentent avec, une lumière qui resplendit dans iâme et qui délecte le cœur.
Neul' homélies sur deux vertus révélées au monde par 3 Sauveur, la pénitence et la charité, représentent en raits saisissants la double réconciliation de l'homme avec )ieu par l'efficacité de la pénitence , et de l'homme avec "homme par l'action miséricordieuse de la charité. L'effiacité de la pénitence, c'est l'efficacité du sang et des mettes du Sauveur, et l'action de la charité, c'est à la fois 'amour qui déborde du cœur et l'aumône qui tombe de fa nain. Mais au temps du saint évêque, cet amour divinisé, ette charité chrétienne avait peine à se développer dans 'atmosphère empestée d'une société presque semi-païenne; ?s thc'àtres, les fêtes et réjouissances publiques opinaient à son exercice un obstacle puissant. Saint Chrysosome attaque avec une éloquence inimitable ces foyers de lépravation; il les signale comme des écoles de voluptés, omme des cloaques aux exhalaisons pestilentielles ; il les ompare à la fournaise de Babylone.
Il restait encore dans l'antique cité d'Antioche un lombre considérable de sectateurs des divinités païennes, lux yeux de ces hommes du passé, l'incarnation du Fils le Dieu semblait n'être qu'un rêve étrange , qu'une fanasmagorie nouvelle, venant prendre place à côté de la nythologie de leurs auteurs. Saint Chrysostome crut deoir lever bien haut le drapeau du christianisme victo ieux en présence de ces hostilités surannées. L'homélie ur la Nativité de Jésus-Christ vint faire prompte justice, t des sarcasmes stupides de ces mécréants du paganisme, t de l'incrédulité raisonneuse des disciples de Manès. II 'élève à la hauteur de cet étonnant mystère. Il fait conempler le ciel et la terre se donnant la main, l'homme et a divinité s'unissant et s'identifiant, sans se confondre, lans l'unité de la personne de Jésus-Christ; puis, la mi- ■éricorde divine embrassant le genre humain pour le dé-
tacher de la terre, le soulever par la rédemption, el l'atta cher enfin au ciel pour l'éternité.
Après l'incarnation, la divine Eucharistie devait trouvei place et sous la plume et dans la pensée comme dans k cœur du grand évêque. Saint Chrysostome, en effet, m pouvait passer sous silence dans ses écrits le plus ravissant miracle qu'ait inventél'amour infini de Jésus-Christ Deux homélies sur la trahison de Judas , deux professionj de foi sur la tendresse vraiment maternelle de Dieu, jetten une vive lumière sur la présence réelle du corps et di sang du Sauveur sous les symboles eucharistiques. Il ex pose dans Judas, récemment nourri du corps et du san^ régénérateur des hommes, la cruelle hypocrisie d'un ingrat, d'un traître et d'un persécuteur, et dans Jésus Chrit sa victime, la douceur et l'amitié pour le traître, e le pardon affecteux pour le persécuteur et l'assassin.
Une autre opération prodigieuse de l'amour de Diei pour les hommes, la résurrection des morts, suite et con séquence de celle du Verbe de Dieu fait chair, occupe sou vent la pensée de saint Chrysostome et revient fréquem ment dans ses écrits. C'est la résurrection qui fait de l'es pèce humaine un grand corps, dont les pieds rampen encore sur la terre et dont la tête resplendit au ciel ei Jésus-Christ son chef, au sein de la gloire divine. Le sain évêque, dans deux homélies sur la résurrection de Jésus Christ et sur celle de l'humanité, consacre son éloquenc à démontrer que c'est là , selon la parole de saint Paul, 1 fondement de la foi chrétienne et la seule sanction infail lible que l'on puisse offrir à la moralité. Car tout est là; 1 martyr lui-même n'est que le témoin de la résurre<;tion Cujus nos testes sutnus (Act. ap. 4-22, 2-32, 3-15, etc.). E les trois siècles de persécution ne sauraient avoir d'autr signification dans l'histoire que celle de trois siècles d témoignages en faveur de la résurrection de Jésus-Christ principe et modèle de celle qui doit être à la fois le com plément et la e^nctinn de la destinée humaine,