CHAPITRE XXIII. 3;M
morale , une morale jusqu'alors inconnue, découle des vérités évangéliques, comme le rameau surgit de la tige qui le pousse et qui lui fournit abondamment le suc générateur à l'aide duquel il peut étaler ses rejetons et faire éclore ses fleurs. C'est un champ fleuri que son génie; les pratiques chrétiennes, les conseils évangéliques, les vertus solitaires et celles de la vie sociale reviennent tour à tour dans cette parole vraiment enchanteresse, et toujours elles éblouissent par leur éclat, laissant au fond de l'âme un calme qui rappelle la douceur du ciel.
Deux exhortations à Théodore de Mopsueste en forment les prémices. Elles présentent une œuvre vraiment admirable. L'historien Sozomène n'hésite pas à déclarer que le langage humain n'offre point de termes assez sublimes pour en exprimer la beauté.
Théodore, âme peu commune, mais accessible à toutes les défaillances morales d'une nature impressionnable et fragile, avait reçu dans la pratique des austérités monastiques une éducation forte et virile. Mais bientôt , sorti du monastère, il avait laissé son cœur s'ouvrir et s'amollir aux voluptueuses sensualités du monde. Il aspirait au mariage. Mais le mariage pour lui n'était qu'une illusion fébrile, qu'un fantôme trompeur, qui menaçait de briser à jamais la carrière à laquelle il était appelé d'en haut. Saint Chrysostome, qui lui-même n'avait pas encore fait le premier pas dans le sacerdoce , attaque avec énergie ce fantôme qui menace de faire faire naufrage à la vertu de son ami. Dans un langage étonnant d'élévation, d'énergie et de grandeur, il rappelle à Théodore ses engagements, ses vœux, ses obligations et les espérances qu'il a données à l'Église. Contre cette puissance de raison et d'éloquence, toute résistance était impossible; Théodore est vaincu; saint Chrysostome a sauvé son ami. Plus tard les suffrages de l'Église élèveront cet ami malheureux sur le siège épiscopal de Mopsueste, où l'attendent d'autres combats et d'autres orages ; mais alors il donnera seul au
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milieu de la tempête ; saint Chrysostome, son ange tutélaire ne ne sera plus auprès de lui.
Les deux livres de la Componction, adressés l'un à Démétrius et l'autre à Stéléchius, portent évidemment l'empreinte du climat brûlant dans lequel ils furent écrits. En retraçant les motifs et les caraclcres de la vraie componction du cœur, en donnant les moyens efficaces d'entretenir et de fortifier ce sentiment et cette vertu, le saint, solitaire lui-même, fait respirer à ses lecteurs une émanation fortifiante et salutaire de la sainteté du désert.
La plus terrible épreuve de la vertu sur la terre, ce sont les afflictions, les chagrins, les tribulations de toutes sortes, qui viennent trop souvent assombrir la sérénité d'une âme chrétienne, dans le difficile travail de la perfection évangélique.Un ascète delà ville d'Antioche, Stagire, fut pour saint Chrysostome, une occasion de profondes méditations sur cet obstacle contre lequel viennent se briser parfois les plus solides vocations. Stagire avait embrassé la vie monastique contre la volonté de son père ; puis il était tombé dans la tiédeur, et par suite, il avait abandonné son âme à la tristesse, au découragement et même au désespoir.
Saint Chrysostome s'empresse de venir à son secours, et lui consacre trois livres de la Providence. Il lui représente la main de la miséricorde divine dirigeant les événements et les afflictions du monde. Il lui fait contempler cette infatigable bonté de Dieu , qui recueille dans les souffrances les mérites des saints pour leur en composer au ciel une couronne d'immortalité.
Toutes les situations de la vie, toutes les catégories diverses qui peuvent se rencontrer dans une société soumise au long travail de la transformation religieuse et sociale, deviennent successivement l'objet de la sollicitude apostolique du prêtre d'Antioche et du pasteur de Constantinople.
Il exalte le sacerdoce dans les six livres à Basile et dans