CHAPITRE XXIII
le discours prononcé le jour de son ordination. Il flagelle la licence des clercs, par le livre contre les femmes sousintroduites. Dansje livre aux femmes chrétiennes, il stigmatise l'indécente parure et les attraits provocateurs d'un sexe dont la mission est de faire aimer la modestie et respecter la vertu.
Il semble que la terre resserrait et gênait sa sollicitude apostolique, et qu'il éprouvait le besoin d'en dilater l'étendue et d'en écarter les limites. L'immensité s'ouvre devant lui ; ses regards s'élèvent au-dessus de ce monde. Il veut aussi payer un magnifique tribut de louanges aux saints vénérés par l'Église, qu'il a vus quitter l'humble séjour de la terre. Il célèbre le triomphe de ces hommes prodigieux, nos modèles, dont la vie dans le temps, n'avait été qu'un long épanouissement des vertus du ciel. Les panégyriques de saint Philogone, des saints Mélèce, Lucien, Babylas, Juventin et Maximin, de sainte Pélagie et des saints Ignace, Eustathe et Romain, martyrs, celui des Machabées, ceux des saintes Bernice, Prosdoce et Domnine, etc., lui donnent occasion de développer un point important de la doctrine catholique, celui de la vénération due aux reliques des saints. 11 recommande au respect, aux hommages des fidèles ces restes sacrés, témoins et monuments des austérités et du martyre des premiers disciples de Jésus-Christ.
Mais le saint docteur prend une énergie nouvelle, et donne à ses discours une éloquence incomparable, lorsqu'il s'attache à décrire les travaux apostoliques de saint Paul. Dans sept panégyriques , il maintient avec une sainte jouissance son culte filial pour le grand apôtre. Rien n'égale son admiration pour les vertus surhumaines de ce modèle de prédilection. Dans le troisième panégyrique il s'élève jusqu'aux transports de l'enthousiasme ; l'éclat de la grandeur de saint Paul l'éblouit ; il semble tout absorbé dans la contemplation de sa gloire.
Puis, de cette contemplation des vertus du plus grand
homme ot du plus grand chrétien de l'univers, saint Chrysostome est emporté vers d'autres sollicitudes ; il laisse son âme et son cœur flotter à tous les vents que souffle la grâce du calvaire.
Les besoins de l'Église, les avantages de la paix, les progrès de la morale ovangolique, reviennent h chaque page dans ses écrits, comme le battement du cœur revient prompt et rapide dans le mouvement subit d'un profond sentiment d'amour. Le discours sur l'Anathème rappelle avec éloquence les schismatiques d'Antioche à l'unité ca.tholique, et tend à combler l'abîme qui sépare les amis obstinés de Mélèce des sectateurs de Paulin. Dans le discours sur les épreuves, il flétrit d'une tache ineffaçable d'infamie les désordres dans lesquels la population tout entière se plongeait à cette époque, sans aucun souci de ses devoirs. Les chrétiens eux-mêmes ne rougissaient pas de s'abandonner à de honteux travestissements par lesquels on signalait le passage de l'année nouvelle. Le saint les rappelle, au nom de la foi chrétienne, à la sage réserve dont ils doivent l'exemple aux restes entêtés des adeptes du culte païen. Il consacre sept discours à faire ressortir, à l'occasion de Lazare et du mauvais riche, la beauté, les avantages et le bonheur de la morale évangélique.
Un des grands événements de la vie de saint Chrysostome, ce fut la sédition d'Antioche. Il n'était que simple prêtre alors ; mais il avait tout le feu, toute la force, et même toute l'inspiration d'un apôtre. Il fut beau, grand, puissant comme un prophète ; sa voix tonnait comme un éclat de la colère du ciel. Dans cGtte situation terrible, en etîet, il s'empare de la consternation et de la stupeur de ce peuple immense; il entraine sur la colline orientale de la ville, dans la basilique de Saint-Paul, chrétiens, juifs, hérétiques et païens, et dans vingt et une homélies, qui sont vingt et un chefs-d'œuvre , il signale tous les vices qui régnaient dans la grande cité syrienne, et qui l'avaient plongée d'abord dans l'oubli de Dieu, puis