CHAPITRE XXIV
de l'homme ou porter seule le poids du châtiment de ses iniquités? Non, dit saint Chrysostome, l'homme qui commet le péché sur la terre est l'homme qui doit soufîrir au temps de la justice ; et la personne humaine qui s'est fait dans le cours de son existence terrestre une couronne de vertus, est la personne qui doit porter au ciel la couronne immaculée de l'immortalité.
Si donc cette personne humaine, si l'homme est décomposé dans son corps ici-bas et dépecé par la mort, le vainqueur de la mort recomposera ses membres et les fera renaître à la vie, afin que Dieu dans sa justice récompense ou punisse l'enfant qu'il a formé de ses mains, et qu'il a fait roi de la création par le don merveilleux d'un reflet de sa sagesse.
L'homme donc doit reprendre un jour sa vie ; car la résurrection de Jésus-Christ n'est point une transformation isolée d'un membre particulier, du fils aine de la famille humaine ; c'est le commencement de la résurrection de l'humanité. L'aîné de la famille , en reprenant son corps glorifié pour remonter au ciel, a retenu dans l'éternité la place de la famille entière , qu'il y fera régner avec lui dans sa gloire. « Il descendra, dit David, au grand jour. (Ps. XLix, 3.) Il viendra chercher ses frères ; il redemandera leurs corps à la terre pour leur donner une existence nouvelle. Il les enlèvera tous au tombeau; nous en avons pour garant le prophète Isaïe : « Les morts, s'écrie-t-il, « reviendront à la lumière ; ils se réveilleront du sommeil « de la tombe, car la rosée qui coule de vos mains, Sei- 0 gneur, sera pour eux un principe de résurrection et de « vie. » (Isaïe, xxvi, 17.)
« Quand donc vous verrez les sages du monde à leur heure dernière pousser des gémissements , verser des larmes et lutter avec désespoir contre la mort, gardezvous de vous laisser toucher par ces faiblesses; vous êtes supérieur à toutes ces fragilités. Vous savez que la mort ne dévore pas la substance, mais qu'elle n'a reçu que le
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pouvoir d'anéantir la corruption et la mortalité. Non, cette mort ne pourra jamais faire périr le corps ; la corruptibilité seule s'efface sous ses étreintes; la substance reste et ne saurait périr; elle sortira de la tombe avec un plus grand éclat de splendeur et de gloire. Mais cette splendeur ne sera point le partage de tous les morts qui renaîtront à la vie : la résurrection est la destinée commune de tous les hommes, mais la transformation dans la gloire ne sera jamais que l'apanage de la vertu.
« Notre Dieu, dit l'Ecriture , est nn Dieu miséricordieux, compatissant et juste. Si donc il est miséricordieux et que toujours il mette son honneur et ses délices à pardonner les prévarications des pécheurs, à plus forte raison ne laissera-t-il point les saints sans couronne et sans gloire, lorsqu'ils aiu'ont franchi le seuil redoutable de Téternit(\ S'il paraît insensiblo à leurs droits sur cotte terre, il saura les reconnaître en Diiiu dans un séjour plus heu • reux.
« Mais il est un Dieu juste aussi, dit rÉcriture; et s'il est juste, ce que nul ne saurait révoquer en doute, tout homme recevra de sa main le salaire de ses œuvres, quand môme il descendrait dans la tombe sans avoir été soumis à cette infaillible rétribution. Il existe donc une résurrection future, et si vous voyez, au milieu des complications et du cours ordinaire de l'existence humaine, la sécurité dans le crime, et dans la vertu les tortures de l'adversité, répondez donc, où trouverez-vous ici-bas la juste balance des vertus et des vices, si la résurrection ne vient pas reconstituer la vie et replacer l'homme dans les mains de la justice de Dieu ? »
Jvçiement dernier. — Mais si Dieu daigne reconstituer la personne humaine par la résurrection du corps, c'est pour faire éclater aux yeux de l'univers le double complément de sa miséricorde et de sa justice ; car souvent icibas tout semble fatalement soumis à l'empire du mal ; ton t semble altéré, souillé par le pouvoir des ténèbres; voici votre