CHAPITRE XXIV
heure, dit l'Écrilure, et l'inauguration sinistre de l'empire de la nuit. (Luc, xxii, 53. ) En ce monde, en effet, Fimpie se couvre d'injustices et d'iniquités et vit dans les délices, le juste souffre et s'éteint sans avoir pu jouir de la récompense de ses vertus. Aussi Jésus- Christ doit-il venir combler cette immense lacune par une réparation solennelle et terrible, celle du jugement dernier de tous les hommes.
Saint Chrysostomc nous amène, comme le Sauveur, à cette grande catastrophe où doivent se dessiner irrévocablement les destinées humaines. Il décrit, avec une solennité lugubre, cette épreuve suprême à laquelle doivent être soumis h la fois les justes et les pécheurs. Comment descendra le juge terrible du genre humain? Comment vicndra-t- il prendre sa place aux grandes assises de l'éternité? « Viendra-t-il sur un char d'or attelé de chevaux blancs, enveloppé d'un manteau de pourpre et le front ceint d'un diadème? Non, dit saint Chrysostomc, ce n'est point dans un tel appareil qu'il viendra juger la terre.
«Mais comment donc doit-il venir? Entendez la voix de tonnerre des prophètes, parlant avec toute la grandeur et toute la puissance possible de l'homme : « Dieu viendra dans (( la manifestation et dans le déploiement de sa puissance. « Notre Dieu descendra faire retentir le tonnerre de sa " voix ; il s'avancera dans les plis de la tempête, et, devant « son visage, l'immensité se voilera d'un vêtement de feu. « Il appellera le ciel en témoignage, et convoquera la terre « au jugement de son peuple. » (Ps. xlix, 3, 4.)
Après ce préambule, le saint docteur trace un effrayant tableau du jugement dernier. La terreur universelle, dont il emprunte la description aux prophètes, la condamnation et la réprobation des pécheurs, et l'élernellc béatitude des élus, se présentent tour h tour avec un éclat, un mouvement, une vie, qui transportent l'âme épouvantée à ce spectacle des dernières convulsions de l'espèce humaine et de son entrée irrévocable dans le repos.de l'éternité.
« Il viendra, dit-il, interroger le genre humain et sur-
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tout son peuple, et lui l'aire rendre compte de ses crimes et de ses perfidies. Prêtez donc l'oreille et soyez attentifs aux paroles prophétiques de David et de Malachie : « Il est « entré, dit Malachie, comme dans une fournaise ardente. « Il éprouvera les hommes comme l'herbe des foulons; il « les transformera comme l'argent et l'or qui tombent, « brillants, purs et limpides des flammes d'un feu dé voce rant. » — « Oui, Dieu viendra, lui répond David, à la lu - « raière du grand jour. » (Ps. xlix, 3.) Et la voix de saint Paul se mêle à la voix des prophètes pour annoncer le grand avènement de Jésus-Christ : « En ce grand jour, « dit-il, seront révélés tous les mystères, et ce sera la ré- « vélation par le feu. » (1 Cor., m.)
« Dans son premier avènement, Jésus-Christ a tempéré l'éclat de sa splendeur divine ; il est descendu sur la terre sous l'humble voile des infirmités humaines. Mais dans le' second avènement il n'en sera point ainsi. La terreur et l'épouvante précéderont sa venue ; avant son approche, les esprits du ciel parcourront la surface de la terre ; sa ; 1 ;'::ence, comme un océan de lumière et de feu, remplira l'immensité du ciel, car il s'élancera des extrémités de l'Orient comme l'éclair de la tempête, et sa majesté remplira l'Occident. Tel doit être, à la fin des temps, l'avènement du Fils de l'homme. » (Math., xxiv, 27.)
Ces vérités terribles empruntent h l'énergie de saint Chrysostome un caractère effrayant de grandeur et de majesté. Les yeux suivent et contemplent avec terreur l'ol^jet de ses paroles; le coeur tremble, et l'âme semble sortir de sa prison terrestre pour assister à la grande et dernière épreuve de l'humanité.
Enfer. — L'existence et l'appareil terrifiant du jugement dernier n'auraient aucune raison d'être, et ses résultats ne présenteraient qu'un drame insignifiant et stérile, ffu'une superfétation indigne de la majesté de Dieu, sans l'existence et la vérité du dogme effrayant de la damnation éternelle des méchants et des démons. Que pensaient