CHAPITRE XXIV
« Ce n'esl point non plus en vue d'une ostentation stérile que le diacre s'écrie , dans la célébration des saints mystères : Offrons ce sacrifice pour ceux qui se sont endormis dans la paix du Seigneur, et pour tous ceux qui font leur mémoire. Ces paroles ne sont point ici celles du serN iteur, du prêtre, non, ce sont les paroles mêmes de l'Esprit de Dieu. »
Il est donc des âmes qui quittent ce monde avec le besoin de se purifier encore, avant d'être admises à la jouissance du ciel. Il est donc aussi des souillures qui s'effacent dans la vie future, comme il en est pour lesquelles, ni dans ce monde ni dans l'autre, on ne saurait jamais admettre de pardon.
Bonheur du ciel. — Au dogme de l'éternité des peines destinées aux pécheurs, à celui de l'efficacité des prières et des sacrifices des vivants pour le soulagement des morts, saint Chrysostome oppose le tableau du bonheur ineffable des justes. Il a déjà déclaré que nous sommes appelés à la participation de la gloire et des biens infinis du ciel. Il se complaît dans la description des délices que Dieu réserve aux âmes fidèles. Aux douleurs de la vie présente doit succéder l'impassibilité du corps glorieux : « Là s'enfuiront pour toujours, s'écrie-t-il avec Isaïe, la douleur, les gémissements, le deuil et la tristesse. L'âme bienheureuse n'aura plus pour enveloppe matérielle qu'un vêtement de gloire ; son corps, transformé, semblera n'être plus qu'un rayonnement des clartés célestes, dont la beauté ne saurait être aperçue par des regards humains ; car là tout est jour, splendeur, lumière.
« Mais il est un autre privilège divin, dont le bonheur ne peut être compris que par les cœurs admis à s'enivrer des délices éternelles : les âmes ne seront plus servies que par des organes à jamais inaccessibles aux atteintes de la corruption; elles nageront dans l'Océan infini d'une gloire incorruptible « au sein de la paix, de l'allégresse et des délices. »
A toutes CCS sources perpétuelles de bonheur, s'en ajoute une autre plus licllOj plus cl(''licieuse encore, et « devant laquelle elles semblent toutes s'effacer. Songez, dit le saint évoque, qu'au milieu de la transformation glorieuse de toute la nature, les amis de Dieu seront admis à jouir éternellement, avec les anges, les archanges et les puissances supérieures du ciel, de la compagnie et de l'amour de Jésus-Christ, leur Sauveur. Dans sa demeure, leur repos, leur délices ne s'altéreront Jamais; car leur jouissance est immortelle, immuable, éternelle. »
Tel est, sur les fins dernières de l'homme, l'enseignement invariable do Jésus-Christ et de son Église : le bonheur infini des Justes et le tourment éternel des réprouvés