CHAPITRE XXV
soit faite; » (Gcn. i, I) que la terre soit établie dans son orbite. C'est lui qui vient ajouter clans la suite des siècles : « Je bâtirai mon Église ; » toutes ces merveilles sont l'œuvre de la môme parole.
Hors de l'Église point de salut. — INIais rÉglisc n'est point bâtie, comme les temples matériels, avec le ciment et la pierre. Elle se compose tout entière d'éléments plus nobles et plus purs; elle a pour parties constitutives icibas les hommes, leurs âmes, et leurs cœurs, liés entre eux, avec Jésus-Christ, par ses lois. Elle est l'arche vivante et sainte, dont l'arche de Noé n'était qu'une imparfaite image, a L'arche du déluge, en effet, dit saint Chrysostome, c'est l'Église, et Noé, c'est Jésus-Christ. En dehors de cette arche miraculeuse, tout meurt, tout est englouti dans les eaux, comme en dehors de l'Église tout est entraîné, perdu dans le déluge des passions. Mais voyez combien la vérité l'emporte sur la figure : l'arche put conserver tous ceux qu'elle portait suspendus au-dessus de l'abîme ; ainsi l'Église a le pouvoir de sauver tous ceux qu'elle soutient dans son sein au-dessus de l'abime ténébreux de l'erreur. Mais l'arche ne peut conserver que les existences que Noé lui confie; l'Église est honorée d'une bien plus belle prérogative ; car si l'arche du déluge ouvre ses vastes flancs à des êtres privés de raison, de cœur et de pensée, l'Église ouvre aussi ses bras à des hommes privés de raison et de vertus. Et, non-seulement elle a mission de les sauver dans le monde, mais encore elle les transforme « en anges du ciel. »
Ainsi, d'après le saint docteur, c'est dans l'Église de Jésus-Christ qu'est la conservation, le salut et la vie; en dehors de cette arche sainte, l'homme se plonge et disparaît dans l'abîme de la perdition éternelle.
Perpétuité. — Et ce n'est point seulement pour la génération contemporaine, ni pour un nombre limité de siècles, que Jésus-Christ a posé les bases de la constitution de son Eglise, c'est pour une durée perpétuelle. « Voyez en effet !
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il seniiL plus iacilc d'oflacoi' du muiKk' lu suluil, que de ]josei' ici-bas un terme au règne de rÉgliso. Elle est, pour nos âmes d'un plus grand prix que le ciel lui-même, « car elle comprend à la fois,
« Dieu, comme chef, le ciel et la terre comme demeure, et le genre humain comme famille. » Aussi « Jésus-Christ Ta-t-il fondée sur des bases plus inébranlables que celles du firmament. » Ainsi les lois que le Sauveur vient apporter, les pouvoirs qu'il confie, pour le salut des hommes, qu'il appelle tous au bonheur, il les donne à ses apôtres pour tous les Jours jusqu'à la consommation des siècles. (Math, xxviir," 20.)
Conciles. — Une des plus belles manifestations de la puissance et de la majesté de l'Eglise , les conciles œcuméniques se présentent toujours sur les lèvres du saint évêque, comme les dépositaires et les organes de la sagesse et de l'autorité divines. Il s'élève avec feu contre quelques âmes insubordonnées qui voulaient opposer leurs faibles lumières à l'infaillible autorité des Pères de Nicée. « N'avez-vous donc point entendu, leur dit-il, la voix de Jésus-Christ? Partout où vous vous réunirez deux ou trois en mon nom, sachez que je suis là, toujours au milieu de vous. (Math, xvin, 20.) Quoi donc! lorsque deux ou trois sont réunis au nom de Jésus-Christ, il est présent, au milieu d'eux, et lorsque plus de trois cents Pères et martyrs étaient réunis à Nicée pour l'honneur de son nom, ne devait-il pas plus encore les privilégier de sa présence? Oui, le Christ était là; c'est lui qui, par l'organe des évêques, dirigeait les délibérations et portait les décrets. »
Pape. — Les conciles sont les réunions générales des pasteurs du bercail de Jésus-Christ; mais quelle est dans ces manifestations solennelles de la puissance de l'Église la place réservée à la pierre fondamentale de l'édifice chrétien? Quelle est la part d'autorité du pasteur œcuménique, du chef du troupeau? Sa part, qu'il tient du ciel, saint
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Chrysostomc Ta proclamée h la lace de runiverti entier, lorsque, près de succomber sous le poids de la haine de ses ennemis, il est allé chercher un rcfuf^e à Tombre du siège de Rome contre la fureur implacable de Théo[jhile cl de Sévérien.
Mais avant de porter la cause au pied du tribunal iulaillible du prince de l'Eglise et des apôtres, il avait enseigné dans ses écrits le pouvons la jurisdiction et Tinfaillibilité du vicaire de Dieu, de l'organe vivant du cœur et de la miséricorde de Jésus-Christ.
Le Sauveur, dit-il, relève saint Pierre de sa chute, et lui « donne sa sagesse, afin qu'au sortir de cette épreuve^ son âme soit à jamais inaccessible au danger d'une telle faiblesse. » Aussi ce chef éminent du collège apostolique, cette colonne inébranlable de TEglise, cet organe inspiré des apôtres, fut-il le fondement consolidatcur de la foi, la base et le soutien de la confession de l'Évangile. Et ce n'est point chose étonnante, car il ne fut appelé Pierru que parce qu'il avait reçu du Salive ur le privilège divin d'être à jamais immuable, infaillible dans sa foi.
« Voyez en effet comme Jésus-Christ se révèle à saint Pierre! Ce qui forme au ciel l'apanage de Dieu seul, le pouvoir de pardonner les péchés, réternelle stabilité de l'Eglise, au milieu de la rage de la tempête et de l'écume des flots, et le privilège, pour lui, pour un pécheur, de demeurer dans sa foi plus fort et plus inébranlable que le rocher, malgré les coups et les assauts de l'univers conjuré, tout cela, le Sauveur le lui promet ! »
Avec quel amour nous le voyons, dans les écrits du saint docteur, se pencher vers cet apôtre au cœur de feu ! vers cet ami de son choix, cet homme de sa droite ! « Si vous m'aimez, lui dit-il, soyez le chef et le directeur de vos frères. Oui, cet homme céleste, ajoute saint Chrysostome, fut établi chef du collège bienheureux'des apôtres, lui dont le cœur et l'àme avaient tant aimé Jésus-Christ ! Aussi le proclame-t-il le soutien, le fondement, la colonne de l'É-
glisc. Il avait tellement efiacc Jusqu'à la trace de sa Iragilitc, que le Sauveur voulut le placer à la tête de ses disciples. Il fut donc, par mission divine, le chef du collège apostolique, l'organe des disciples du Sauveur, la colonne et le fondement de son Eglise. »
Aussi l'homme infaillible dans sa foi, devient-il encore infaillible dans l'accomplissement de sa mission apostolique; car l'Eglise elle-même oscillerait sur ses bases immortelles, si la colonne et le fondement que Jésus-Christ lui donne pouvaient jamais être ébranlés. Le chef de l'Eglise est donc immuable dans la vérité, comme l'Eglise elle-même dont il est le soutien et la base inébranlable.
Mais à l'aspect des prérogatives de saint Pierre, saint Chrysostome s'élève jusqu'au foyer inaccessible de la splendeur et de la toute-puissance divines, pour en révéler les impénétrables secrets. Il expose le prodige le plus étonnant, la condescendance la plus adorable que la miséricorde ait arrachée à la justice divine, c'est le pouvoir, mis aux mains d'un homme, de disposer à son gré, pour le salut de ses frères, de toute la puissance du ciel.
« Quelles furent, en effet, dit le saint docteur, les plus étonnantes prérogatives de saint Pierre? Celles qu'il reçut du Père, ou celles qui lui furent données par le Fils? Le Père daigna déchirer à ses yeux le voile du mystère qui dérobait aux regards humains la génération éternelle du Fils ; mais le Fils lui confie la mission sublime de faire rayonner dans tout l'univers et la révélation du Père et celle que lui-même dépose en son cœur. Puis il l'investit, lui, Pierre, homme frôle et mortel, d'un pouvoir effrayant sur la toute-puissance du ciel, dont il lui livre les clés, en même temps qu'il déploie dans tout l'univers, le règne de son Église, à laquelle il laisse une force supérieure à celle du firmament. »
Jurisdiction du pape, — «C'est à lui que le Sauveur confère tous ses pouvoirs dans ce monde. » Il lui dit : a Paissez mes brebis. » Mais pourquoi cet oubli des apôtres ses