CHAPITRE XXV
conslilulion de l'œuvre de Jcsus-Christ, du pouvoir de saint Pierre et de la mission de son Église, depuis le jour où la ville sainte le vit monter au ciel, jusqu'au jour plus solennel et plus terrible où sa justice, dans son second avènement, viendra demander compte h l'humanité de l'a])us de ses miséricordes.
Saintes Ecritures. — Le premier don que l'Eglise ait fait à l'univers commis à sa garde et comme déposé dans ses mains , c'est celui de la lumière de l'Évangile et de la parole de ses apôtres et de ses premiers docteurs. C'est là le code du Sauveur, dont il l'a faite dépositaire, pour étendre et compléter les préceptes primitifs de l'ancienne loi. Dans l'enseignement écrit des apôtres et des disciples, deux apôtres seulement, saint Jean et saint. Mathieu, puis deux disciples, saint Marc et saint Luc, ont fixé son choix comme historiens inspirés de la vie et des souffrances de Jésus-Christ, ainsi que des premiers travaux apostoliques et des premiers orages qui vinrent éclater sur le berceau du christianisme naissant.
A ces récits où se révèlent l'assistance de l'Esprit de Dieu, l'Église ajouta l'enseignement particulier de cinq apôtres, de saint Pierre, saint Paul, saint Jean, saint Jac ques et saint Judes, dont elle forma, sous l'inspiration de Jésus-Christ, le Code immortel de la loi nouvelle. Bien que, dans cet heureux choix, elle n'ait pas pu perdre le bénéfice des promesses d'infailliJDilité qu'elle a reçues des lèvres du Sauveur; néanmoins, écoutons le témoignage de saint Chrysostome en faveur de ces livres divins et des traditions primordiales dont ils ne sont qu'un complément, comme elles inspirés par Dieu même, et comme elles, à ce titre, descendus du ciel.
Inspiration. — Accord. — « En ouvrant les livres sacrés, écrit-il , votre âme pénètre dans les profondeurs des mystères divins. Elle se purifie, elle se revêt de perfection et de beauté sous l'influence de la parole de Dieu, qui converse avec elle par les saintes Écritures. » Ainsi , le saint
docteur enseigne que le texte sacre révèle h l'homme les mystères de Dieu ; que c'est Dieu même qui parle à l'âme, et qui transmet ses pensées par le moyen de cette parole. Ne vous laissez donc point égarer , ajoute-t-il , par les contradictions apparentes, qui semblent infirmer la véracité des Évangiles : l'ignorance seule des usages et des lois du peuple juif pourrait, à cet égard^ ébranler votre foi.
« Avez-vous entendu , dit-il aux habitants d'Antioche, la voix du grand apôtre, qui retentit en sons harmonieux émanés du ciel? » Puis il expose la doctrine de saint Paul. Ce n'est donc point, aux yeux du saint évêque, un homme, un génie , un saint qui transmet sa propre pensée dans ces pages divines; mais c'est le ciel môme, c'est l'Esprit de Dieu qui fait entendre sa voix et qui révèle ces mys tères par l'organe des apôtres, des premiers pasteurs de l'Église. « Gardons-nous bien, ajoute-t-il encore, de n'accorder aucune importance aux pensées les moins saillantes des livres sacrés , car toutes minimes qu'elles puissent être, ces pensées sont le don de l'Esprit de Dieu. »
Libre exomen. — C'est donc bien la voix de Dieu que nous entendons dans le langage révélé des saints Evangiles ; mais comment le simple fidèle , l'ignorant , le travailleur, l'indigent, pourront -ils venir s'éclairer et s'enrichir à ce trésor inépuisable de sagesse? Comment pourront-ils comprendre les oracles divins, et, par la méditation, en découvrir le sens mystérieux? Saint Chrysostome s'empresse de répondre à ces questions et de renverser tous ces obstacles. « S'il vous arrive, dit- il, malgré votre persévérance, de ne rien comprendre à la lecture des livres sacrés, allez réclamer les lumières des sages et des docteurs de l'Église : souvenez-vous de l'eunuque de la reine d'Ethiopie. Pour que vous ne puissiez ignorer que le sens des saintes Écritures échappait à son intelligence , écoutez ce que lui dit le diacre Philippe : Comprene::vous la signification des prophéties, objet de votre attention? L'eunuque n'éprouve point de confusion h ces pa-