CHAPITRE XXV
VOUS est promis, si , malgré sa résistance inflexible, votre parole n'éprouve d'autre temps d'arrêt que celui de votre dernier soupir. »
Donc, parler, instruire, exposer le sens caché des saintes Écritures, tel est le moyen d'expansion et de diffusion de l'Evangile, telle est la puissance établie pour amener les infidèles au bercail de Jésus-Christ , telle est la mission perpétuelle des pasteurs de TÉglise , exprimée dans ces paroles : « Allez , enseignez toutes les nations. » (Math., xxvin, 19.)
Foi. — Nécessité. — Le premier jet de lumière dont cette parole de .Jésus-Christ et des apôtres vient inonder l'univers, le premier instrument de bonheur qu'elle apporte à l'humanité , c'est celui de la loi , qui s'empare de l'âme pour l'élever, du cœur pour l'ennoblir , et de la société tout entière pour la transformer à l'effigie de la famille divine. C'est la foi , lueur du ciel , étoile de la vie, que saint Chrysostome appelle aussi le bâton du voyageur et l'ancre dans la tempête. « De même, dit le saint docteur, que les membres mal assurés et tremblants de faiblesse, ainsi que les infirmités du vieil âge, cheminent sans péril, appuyés sur le bâton qui les protège contre les accidents du voyage et les aspérités du chemin; de môme notre âme, agitée en sens divers par les fluctuations des opinions humaines , vient s'appuyer et se reposer sur la foi , bâton plus puissant et plus sûr que celui de la vieillesse. »
Sans cette lumière, cet appui, cette foi, dans le monde tout croule et tout s'éteint. L'apôtre n'a plus l'accent divin; le jour pâlit et s'efface ; la nuit reprend son empire, et l'abîme entr'ouvre ses gouffres béants.
0 Mais, quoi donc ! s'écrie saint Chrysostome , si vous ne croyez pas, votre voix expire sur vos lèvres, et vous demeurez immobiles et muets! Oui, se répond-il à luimême : sans la foi , ma langue est immobile et glacée , mes lèvres s'arrêtent sans mouvement , mon âme est sans vie; et, bien que doué de raison, je suis muet et sans
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voix, si la loi divine no vient ra'cnscigncr l'iisaf^o de la parole.
« Il faut encore posséder le don de la foi pour jouir un jour de raccomplissemcnt des promesses. Quant h ceux qui ne redoutent pas d'impliquer leur conscience dans les élucubrations sans mesure de leur raison , c'est h la foi qu'il leur faut recourir pour rendre gloire h Dieu ; car, s'ils s'abandonnent t(''mérairement h la direction de leurs pensées, quelle gloire, quel honneur peuvent-ils rendre à Dieu, lorsqu'ils s'efforcent de resserrer, dans les étroites et basses limites de leur raison , l'ineffable économie do la sagesse? La vie de l'éternité, s'écrie l'apôtre saint Jean , elle est tout entière dans la connaissance de votre amour et de votre majesté souveraine, ô seul Sauveur et vrai Dieu !
« Oui, partout il nous faut la splendeur de la foi; car, sans elle, les mystères de Dieu nous abandonnent, et la vérité s'enfuit. La foi , c'est la grande sauvegarde de notre salut; et, quand son éclat pâlit et s'éteint, le chemin du ciel s'efface devant nos yeux,
0 Celui que cette lumière céleste abandonne, descend à la condition misérable dos infortunés réduits h palper dans les ténèbres. De même, qu'au sein de la nuit, l'homme va se frapper contre les rochers et se heurter contre les obstacles, tombant dans les ravins et roulant dans les précipices, sans pouvoir faire usage de l'organe inutile des yeux , que ne vient éclairer aucun rayon de lumière ; de même les hommes déshérités des clartés divines de la foi , vont se ruer les uns contre les autres, se briser contre les obstacles, et se précipiter d'eux-mêmes dans l'abîme de la mort.
« La foi , dit encore le saint évcque , est aussi nécessaire au monde que l'ancre de salut dans la tempêie. Voyez-vous, dit-il, ce vaisseau, tantôt agité, tourbillonnant sous les efforts de la rage et de l'impétuosité des vents, tantôt enseveli dans le repli des flots, et gisant