CHAPITRE XXV
La faute sépare l'homme de Dieu; le chàlimenl brise la colère et les réconcilie. »
Mais ces afflictions de la vie présente, ces instruments de la justice oflenséc , ne forment point, dans ce monde , la seule pénitence à laquelle soit confiée la céleste mission d'aplanir les voies du bonheur éternel. Il faut encore à l'homme une autre pénitence, celle qui procède de sa propre volonté. La vie de l'homme est un combat, dit l'Écri ture, et saint Chrysostome veut que cette vie soit un triomphe remporté de haute lutte, sur toutes les passions : « Il est impossible, s'écrie-t-il, je le répète, il est impossible d'accorder l'espérance du bonheur à venir à celui qui laisse couler ses jours dans une sécurité nonchalante. S'il n'a jamais senti l'intolérable tourment de la misère, n'est-il pas sans cesse assailli par les attraits irrésistibles de la convoitise? Sur ce point, une victoire ne saurait être d'un médiocre labeur. S'il n'est pas en proie aux ardeurs d'une fièvre brûlante, ne se sent-il pas souvent dévoré par le feu des passions et de la colère? Sïl est à l'abri des calamités de ce monde, sera-t-il toujours en mesure de se garantir contre l'impétuosité de ses sentiments et la fougue de ses propres pensées? Ah ! ce n'est point un travail vulgaire que d'imposer un frein à la cupidité ; que de réprimer la soif insatiable de la vaine gloire et du faste trompeur; que d'opposer la tempérance à la lièvre des plaisirs, et de soumettre tout son être aux lois d'une discipline austère. Car quiconque ne se sera point soumis à cette rigueur, ne saurait jamais avoir aucune espérance du salut. Saint Paul, ajoute-t-il, s'imposait le dur sacrifice d'affliger son corps et de le réduire en servitude (Cor., I, 9, 27), pour nous enseigner quel travail, quelle violence réclame la nécessité de maintenir nos sens dans l'assujettissement et l'obéissance. Celui qui veut, en effet, aspirer à la couronne du ciel, doit embrasser cette existence laborieuse et sévère, afin qu'après le court travail de la vie présente, il puisse aller jouir des honneurs éternels. »
;m)S saint ciirysostome.
CVst donc au prix dos œuvres do la pénitence et de la mortification chrétienne que s'entr'ouvre, pour le pécheur, la porte de la bienheureuse éternité. Ce sujet de prédilection revient, à chaque page , sous la plume de saint ("hrysostome. Huit homélies sur la pénitence, et presque tous ses discours no sont qu'un magnifique développement de cette parole de l'Écriture : « La foi, séparée des œuvres, n'est c[u'une loi sans vie et sans efficacité pour lo salut. »