CHAPITRE XXVf
Snilo de l'orllmfloxif' do «ainl Clirvsoslome. — SHcrfinents.
Après la foi, qui résulte pour nous de l'audition de la parole divine , et parmi les autres sources de grâces où Dieu nous invite à puiser les consolîilions et la force de nos cœurs, aucun instrument de salut, plus puissant et plus nécessaire ne nous est offert, que l'économie divine des sacrements de l'Église. Par ces sacrements, Dieu prend l'homme au sein de sa mère, se le consacre, le conduit dans la vie, le nourrit de sa substance et le garde sous sa main jusqu'à la vieillesse; puis il le marque de l'onction de sa royauté, du sceau de son amour, avant d'appeler son âme et de déposer sa dépouille dans la tombe.
Baptême. — C'est par le baptême que commençait pour les catéchumènes l'initiation aux mystères chrétiens. Aux veilles de Pàqueet de la Pentecôte, dit saint Chrysostomcs « les catéchumènes se présentent devant le Pontife, dans \me attitude de pécheurs, dépouillés de leurs vêtements, les pieds nus et le corps couvert d'une seule tunique. Ils écoutent dans le recueillement de l'humiliation les paroles des exorcismes qui précèdent l'adminislralion du baptême. » Puis ils sont plongés dans l'eau sacramentelle.
Le sacrement de baptême est là près du berceau de l'homme ; il présente Jésus-Christ au foyer de la famille, attendant le nouveau-né, pour l'appeler son fils et lui don-
ner une place clans son Église, dans sa famille divine. L'homme, l'enfant doivent passer par l'ablution de l'eau pour arriver au giron maternel de cette Eglise, comme le peuple d'adoption dût franchir la mer d'Arabie pour parvenir à la terre promise, objet de ses désirs, « car ce passage, aux yeux du saint docteur, était le symbole du baptême futur du Sauveur. Ce sacrement est appelé dans l'Écriture un baptême de régénération, une illumination de l'âme, une sépulture, une circoncision, une purification. Enfin il porte le nom de la croix même de Jésus-Christ. » Le Baptême, dit-il, c'est la croix. Par lui , notre vieil homme est fixé sur l'instrument du supphce du Sauveur, pour effacer en nous le vêtement matériel du péché. Par lui, crucifiés avec .Jésus-Christ, nous sommes transformés dans ce tombeau par une mort à l'image de la sienne ; car de même que .Jésus-Christ sur la croix est mort à la vie de ce monde, de même, dans l'eau du baptême, nous quittons la vie, non celle du corps, mais celle de l'iniquité.
Ce sacrement est pour l'humanité la première clef du ciel, la première source de toutes les faveurs divines et, pour l'âme en particulier, le premier vêtement de gloire qui lui soit donné de Dieu. Le baptême, en effet, prend l'homme dans l'horreur de ses iniquités et le transforme en ange de lumière. « Donnez-moi, dit saint Chrysostome, un voluptueux, un fornicateur, un esclave des idoles ; quels que puissent être et le nombre et la grandeur de ses crimes, s'il descend dans la fontaine salutaire du baptême, il sortira du flot sacré plus radieux et plus pur que les rayons de l'astre brillant qui nous inonde de sa lumière ; car il n'existe point d'impiété ni de prévarications qui ne s'effacent complètement dans les eaux régénératrices du baptême.
« Le baptême n'a pas seulement la vertu d'effacer jusqu'aux dernières traces du péché ; mais il déverse encore dans l'âme la justice et la sainteté. Ce sacrement refait l'homme à l'effigie même de Dieu. Prenez, ajoute le saint