CHAPITRE XXVI. ilo
ciance avec Itiquelle on ose participer aux saints mystères, se sont réunis pour conjurer ces malheurs. Ils ont fixé quarante jours consacrés aux jeûnes, à la prière, aux réunions chrétiennes, à Taudition de la i^arole divine, afin, que, dans ces jours d'expiation, nous puissions tous, par la prière, l'aumône, les jeûnes, les veilles, les larmes, la confession des péchés et les autres œuvres de pénitence, dégager notre âme de toutes ses souillures, et nous approcher ainsi de la table sainte avec une conscience aussi pure, que nos efîorts et la grâce divine auront pu la former. »
A l'exemple du Sauveur, le saint dùcleur met en tète de toute préparation la réconciliation des cœurs. c< Je vous avertis, dit-il aux fidèles d'Antioche, je vous adjure, et je voudrais, pour vous persuader, pouvoir donner à ma voix l'accent terrible du tonnerre, arrêtez- vous, vous qui, dans votre cœur, nourrissez encore des sentiments de haine. IS approchez pas de la table sacrée, et ne venez pas recevoir, dans une main sacrilège, le corps du Seigneur. Considérez, ô pécheur, sur quelle victime vous allez étendre la main ; pensez donc que vous, terre et poussière, vous allez recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ. Ici, c'est Dieu le Père qui vous appelle à sa table, sur laquelle lui-même, il vous a servi son propre Fils. A ses pieds les puissances du ciel s'inclinent, s'abaissent, avec terreur et frémissement. Les chérubins se voilent le visage, et les séraphins chantent en tremblant l'éternel cantique : Saint, saint, saint est le Seigneur le Roi du ciel. Quelle serait donc l'âme impure et souillée, qui pourrait, même au jour de la solennité pascale, s'approcher du sanctuaire et jmrticiper à ce corps saint et terrible !
« Dans le tabernacle et dans le temple du peuple do Dieu tout l'espace n'était point accessible à la nmltitude; il existait des divisions correspondantes à chacune des parties distinctes de la nation. Une enceinte s'ouvrait aux prosélytes, une autre aux enfants des tribus; une place
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plus élevée était destinée aux prêtres; enfin le saint des saints ne s'ouvrait que devant le grand Pontife, et cela non point à toutes les solennités, mais un seul jour de l'année, et dans ce jour une seule fois. Recueillez-vous donc et méditez. Quelle sainteté ne devez-vous point apporter dans votre âme, vous qui venez recevoir des symboles autrement redoutables que ceux dont se composait le saint des saints ; car vous n'avez pas ici l'image des chérubins, mais le maître lui-môme de ces puissances célestes qui repose sur cet autel. A'ous ne voyez ici ni l'étain, ni la manne, ni les tables de pierre, ni la verge d'Aaron, mais vous possédez le corps et le sang du Seigneur.
« Oh ! qu'elle doit être sainte et belle l'âme qui se voit honorée de la possession et de la jouissance d'une telle victime ! Quel rayon de limiière doit être aussi pur que la main par laquelle est rompue cette chair divine, aussi resplendissant que les lèvres qui se remplissent de ce feu du Ciel, aussi céleste que la langue qui se teint , qui se rougit du sang terrible de .Jésus-Christ! Voyez donc à quel inuiiense honneur vous êtes élevés, à quelle table ef- Irayante vous êtes invités à vous asseoir. Ce que les anges du Ciel ne peuvent regarder qu'en tremblant, ce qu'ils n'osent pas même contempler, nous allons sans crainte, au milieu des splendeurs qui nous entourent , en faire notre aliment, le mêler à notre substance, et, par cette manducation sublime, nous devenons avec Jésus-Christ un même et seul corps, une même et seule chair.
« Aussi, lorsque dans l'Eglise où sont placées pêlemêle les brebis sans tache et celles que dévore une lèpre dégoûtante, le prêtre parcourt les rangs des fidèles et fait entendre dans tout Tédifice sacré cette voix terrible qui convoque les saints et qui repousse les pécheurs, approchez-vous en silence, et plongés dans un saint recueillement près de l'autel (roii va descendre pour vous la viclime, ne tenez point vus mains séparées, mais placez