CHAPITRE XXVI
Dieu : sollicitude, vigilance, sagesse , noblesse de cœur, mansuétude, amour de la paix, détachement des richesses et puissance de doctrine, tout se réunit en lui. Son caractère et sa mission le lui commandent : il possède la plénitude du sacerdoce que doit accompagner la plénitude des vertus. Aussi, libre de toutes les entraves de la nature, l'évêque est-il tout entier au ministère divin de la parole. Il se porte partout où le réclament les besoins de son troupeau. Par une destination privilégiée, il tient la place de Dieu même ; et, comme le Sauveur, il porte le fardeau de toutes les âmes et partage toutes leurs douleurs. Deux fois la semaine, saint Chrysostome, le modèle des évêques, se livrait avec bonheur à ce ministère de dévouement et d'amour.
Le prêtre, l'associé de ses travaux et de ses veilles, orné des mêmes vertus, est enchaîné par le lien sacré des mêmes obligations. La plénitude du caractère sacerdotal de l'évêque est la seule ditîérence qui détermine dans l'Eglise, l'inégalité de leurs pouvoirs.
Après le prêtre, le diacre est appelé par son caractère, qui participe du sacerdoce, et par sa mission apostolique, aux vertus spéciales comme au dévouement des premiers pasteurs. Comme eux, il doit ne s'être engagé qu'une seule fois dans les liens de la vie séculière : « Voyez-vous, dit saint Chrysostome, qu(;lles vertus l'Esprit-Saint réclame des ministres inférieurs de l'Église? S'ils doivent le céder à la dignité du premier sacerdoce, ils n'en doivent pas moins, comme lui, présenter une âme sans tache. »
Privilèges. — Honneurs. — Aussi, que de beautés , que de privilèges le saint évêque découvre dans cette légion bienheureuse des coopéraleurs de Dieu ! L'Esprit-Saint les élève entre le ciel et la terre. Ils ont , en effet , les pieds dans ce monde, mais la tête et le cœur au ciel. Il entoure leur élection d'une sollicitude paternelle ; il demande que les évoques soient choisis avec prudence, qu'ils soient séparés pour prêter leur coopération aux trois personnes
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diviiicri, et consaci-és par l'imposiLion des mains. Selon le précepte de saint Paul, le saint docteur déclare imprudent et coupable le consécrateur qui fixerait son choix à la légère, et sans un mûr discernement. Car l'ordination est commune à tous les élus ; mais les vrais élus de Dieu recueillent dans l'imposition des mains, comme le diacre Etienne, une plus ample moisson de bénédictions et de grâces. La dignité du sacerdoce et du ministère de la parole est honorée d'un privilège miraculeux et couronnée d'une immense gloire. Nul ne doit oser venir lui-même se revêtir de cette dignité ; mais son élection est le résultat du choix et du don de Dieu, qui présente à l'évêque consécrateur le cœur le plus digne de sa prédilection. C'est ainsi que le Sauveur procédait autrefois quand il posait les fondements de son Église, et c'est encore ainsi qu'il procède de nos jours. Le choix du ministre de son Évangile est une inspiration de la volonté du Saint-Esprit. Ce n'est point non plus le simple prêtre qu'il charge de la mission d'imposer les mains aux évêques; c'est l'évêqae lui-même de qui découle toute participation au caractère sacerdotal.
Ce caractère céleste, dont le trône est au ciel, plane, par le gouvernement des âmes , au-dessus des empires et des royautés de ce monde. Il est entouré d'une auréole d'hommages et de respects ; et manquer à l'honneur que toute âme lui doit ici-bas est un grand crime dans l'Église de Dieu. «L'enfant dénaturé, dit saint Chrysostome, qui maudit l'un des auteurs de ses jours, est frappé d'une sentence de mort par la justice humaine. Quel ne devra donc point être le supplice du coupable qui déverse l'injure et le mépris sur le père auquel il est uni par des liens plus nécessaires, plus indissolubles et plus beaux? » Non-seulement les hommes et les rois, mais encore les anges déchus eux-mêmes, \oient leur grandeur s'éclipser devant celle des ministres de l'Évangile. Dieu les a fait resplendir aux yeux des hommes d'un honneur incomparable : les évêques sont ses organes et ses ambassadeurs.