CHAPITRE XXVI. 4Î
Ils sont assis dans la chaire de Jésus-Christ et sont remplis des trésors de sa doctrine. Ils sont destinés à sY-Iever au-dessus des hommes , non-seulement par la perfection de leurs vertus, mais surtout par la lumière et la puissance de leur enseignement, car cet enseignement est celui du ciel. Ce n'est donc point , en effet, le prêtre qui se fait entendre , dans la prédication de rÉ\angile ; non , « c'est le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui se révèlent par sa parole. Le prêtre s'assouplit à l'action de la volonté divine; il lui prête ses membres et sa voix. » Quand môme il serait possible que , souillé d'iniquités, il fût indigne du ministère évangélique, l'œuvre de Dieu ne saurait en souffrir; l'Esprit-Saint n'en accomplirait pas moins par lui , les desseins de son amour pour le salut des hommes.
Célibat. — Aussi de quelle tendre sollicitude il entoure le sacrement par lequel se reproduit et se perpétue le sacerdoce! Si le sujet offert à l'imposition des mains, est impliqué dans les soins d'une famille, il ne devra jouir du suffrage de l'Eglise qu'à la condition d'être en possession de sa liberté personnelle après une seule union. Et , s'il possède encore sa compagne, il sera tenu d'embrasser généreusement la vie d'un ange, et de ne laisser à son épouse d'autre liberté que celle de réclamer les droits affectueux d'une sœur.
Virginité. — A quelle vie insolite et surhumaine sont donc appelés les prêtres , les législateurs du monde , les coopérateurs des miséricordes divines ! Ici s'ouvre , devant saint Chrysostome, un monde nouveau, celui des vertus et des perfections angéliques, implantées sur la terre et devenues les vertus des hommes. La chasteté, la continence, la virginité , ces fleurs jusqu'alors inconnues h. la terre, sont venues avec Jésus-Christ embellir le séjour de l'humanité. Le Sauveur en a fait l'apanage de son Église. Aussi saint Chrysostome voit-il, à côté de l'autel du sacerdoce, s'élever un autre autel , celui de la plus ce-
leste des vertus, de la vertu de Jésus, de Marie et de l'Église, l'autel de la virginité,
La virginité, la véritable fleur du ciel, s'épanouissant par Jésus-Christ sur le monde, fut la vertu de prédilection du grand apôtre : elle devait donc être aussi celle de son disciple et de son admirateur. Saint Chrysostome l'aime , la propage , l'honore par sa vie, et lui laisse , en mourant, dans ses écrits, un monument immortel. Mais, ici-bas, une des plus belles prérogatives de ce rayon céleste de la sainteté divine, c'est d'avoir été donné pour caractère distinctif à l'Eglise, et d'être devenu la condition privilégiée, la livrée sans ta-che du sacerdoce.
Partout saint Chrysostome s'attache à l'élever comme la bannière immaculée de la milice du sanctuaire, comme le glorieux drapeau du christianisme naissant. Dans le livre contre ceux qui gardaient, dans leurs demeures, des vierges sous-introduites, et surtout dans le livre de la virginité, le saint docteur a voulu laisser aux générations futures un monument impérissable de son amour pour cette incomparable vertu.
Il porte ses investigations dans les œuvres les plus intimes du monde intellectuel et moral, pour rechercher, prendre corps à corps et terrasser tous les ennemis de la virginité. L'hérésie se présente à lui tout d'abord, avec sa pantomime étrange et son imitation grimaçante de la sainteté chrétienne. Il expose, en termes magnifiques, qu'au sein de l'hérésie, la virginité ne saurait rencontrer que misères, souillures et dégradation. « La sagesse virginale de l'hérésie, s'écrie-t-il , c'est plus que le cloaque pestilentiel de la corruption ; car, si l'on peut définir cette vertu divine^ la pureté sans tache de l'âme et du corps, qui pourrait oser honorer du titre de virginité la double et dégoûtante souillure de l'intelligence et du corps, par l'avilissement et la scélératesse ? »
Ennemis de la virginité. — Après l'hérésie, viennent à lui les préjugés des sociétés mondaines, avec leurs objec-