‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 192 sur 214 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

fait-il point passer sur ces chaînes pour les adoucir. Que d'héroïsme, que de vertus, c{ue de devoirs, que de consolations, viennent dans cette carrière de souffrances et de labeurs émailler le champ si varié de la vie !

« 0 chrétien, s'écrie saint Paul, chérissez la compagne de votre pèlerinage , comme Jésus- Christ a chéri son Église, et comme lui, pour cette compagne, ne reculez ni devant les sacrifices, ni même devant la mort. L'apôtre ne cesse d'inspirer ces sentiments aux fidèles de Corinthe : Que chacun de vous, leur écrit-il, ait son épouse et qu'auprès d'elle il s'abandonne tout entier à ses devoirs de condescendance et d'amour ; car elle n'est plus en possession d'elle-même. Ne vous frustrez de vos droits ni l'un ni l'autre, mais vivez ensemble dans l'épanchement d'une perpétuelle intimité La femme qui par une erreur coupable tenterait de garder la continence, malgré l'opposition de son époux, non-seulement ne saurait avoir aucun droit au mérite de cette vertu, mais encore assumerait sur sa tête la responsabilité de l'adultère, dont elle poserait la cause, et devrait subir un châtiment plus terrible que celui de l'homme qu'elle aurait porté par sa continence à la perpétration du crime. »

« De même le corps de l'homme n'est plus au pouvoir de l'homme; il est sous la puissance de la femme; et puisque le corps de l'homme est devenu la propriété de sa compagne, il doit lui présenter toujours la jouissance assurée d'une affectueuse bienveillance, et d'un généreux abandon. C'est une merveilleuse consolation aux incessantes tribulations du mariage, que ce devoir impérieux de ne jamais s'imposer de déception réciproque, et de ne jamais, même dans la séparation, dépasser les limites convenues par un consentement commun.

a Non, ajoute saint Chrysostome, ne vous séparez jamais que d'un consentement unanime, et si quelque cause légitime oblige la femme h fuir la maison conjugale, bon gré mal gré, dit saint Paul, qu'elle vive dans la chasteté,

4i(j SAINT CIIRYSO.STOME.

qu'elle garde la continence, ou qu'elle vienne se réconcilier avec son époux.

« Aussi l'homme doit-il dire à sa famille un éternel adieu, quitter son père, s'arracher au cœur de sa mère pour s'attacher à son épouse ; car ils sont désormais deux êtres distincts dans l'unité d'un racme corps. Et si votre épouse ne cesse de vous accabler d'injures, pardonnez tout avec indulgence. Si dans une perturbation d'esprit intolérable, elle ne vous apparaît qu'avec une langue acérée, un caractère sauvage, calmez sa colère par le charme de la douceur; faites pénétrer dans cette âme le calme de la modération et la sérénité du cœur dont Jésus-Christ a formé l'apanage spécial de son Eglise. Si donc vous avez pris pour compagne une femme au cœur insensible et méchant, l'Écriture vous présente l'exemple d'Isaac : comme lui priez pour elle, et répandez dans le sein de Dieu la douleur de votre âme. » C'est ainsi qu'il vous sera donné de la soumettre à votre empire.

Obéissance de la femme. — « Car Dieu l'a placée sous votre puissance ; il vous a fait son chef et son seigneur, pour qu'elle accomplisse fidèlement vos volontés, et non pour que la tête subisse la loi des derniers membres du corps. C'est donc au second rang que doit s'exercer l'emph^e de l'épouse ; car elle ne saurait prétendre au premier degré d'influence et d'honneur. Cette docilité constante à l'autorité de son chef est sa noble prérogative, mais gardez-vous d'insulter par votre dédain à son infériorité. La femme est votre corps; elle est une partie de vous-même, et si la tête méprise ses membres qui la soutiennent et l'honorent, elle ne les méprise que pour sa honte et son malheur.

« Que la femme donc n'aspire qu'à la seule mission de se livrer tout entière à l'œuvre de sa maison. Qu'elle veille à la conservation des fruits de leurs travaux communs, à l'ordre parfait de la famille, à la marche régulière de l'administration intérieure. Le rovaume de la femme

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