‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 200 sur 214 · CHAPITRE XXVII. 'K · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. 'K

à la réception des saints mystères. Nous sommes faibles et péclieurs, voilà la cause de nos jeûnes et de nos macérations. »

i'tilité. — Cette abstinence régulière d'aliments , qui semble, aux yeux de l'incrédulité, venir chaque année dérober à l'économie du corps humain quelque chose de ses forces normales, ne ftiit au contraire, aux yeux plus éclairés de la science, qu'ajouter à ses conditions essentielles de "sigueur et de santé. « Si vous voulez, en effet, dit saint Chrysostome, porter votre attention sur les résultats infaillibles de cette pénitence, il vous sera facile de reconnaître en elle une garantie puissante pour la santé du corps. Mais ne vous en tenez point en cette matière à mes affirmations. Interrogez plutôt les hommes de la science; ils vous diront que cette abstinence de nourriture est la sauve-garde des facultés de votre intelligence, et la mère de la santé. »

Le jeûne de quarante jours, sanctionné dans l'Eglise chrétienne par l'exemple de Jésus-Christ et par les prescriptions des Pères et des siècles, est représenté dans l'enseignement du saint docteur comme l'élément fondamental de la pénitence évangélique. Il évoque successivement en sa faveur, il interroge et fait parler Moïse, le législateur du peuple de prédilection, les prophètes, amis de Dieu, ses ambassadeurs et ses oracles, enfin Jésus-Christ lui-même l'homme-Dieu, le trait d'union divin entre le cœur coupable de l'homme, et la justice vengeresse du père irrité. « Voyez, dit-il, les prodiges opérés par cette pénitence -.Moïse, cet homme grand entre tous les hommes, jeûne quarante jours, et quand ce jeûne est accompli, Dieu le trouve digne de recevoir les tables de la loi. Dans son zèle, à la vue d'un peuple plongé dans l'abrutissement de l'ivresse, il lance les tables contre terre, et brise ainsi l'œuvre des mains de Dieu (Exod. 24, 18). Mais Dieu ne se montre point offensé de sa colère. Tout est pardonné ; mais il faut encore à ce prophète étonnant, entreprendre

•iCfJ SAINT C.'IIRY.SOSTO.AIE.

un second jeûne de quarante jours, pour être digne de recevoir des mains de Dieu de nouvelles tables, portant les commandements divins. (Exod. 34, 28.)

0 Elie, le grand prophète, s'impose aussi lui le jeûne de quarante jours, pour pouvoir échapper au joug inévitable de la mort, et s'élever au ciel sur un char de feu. Daniel, l'homme des désirs, s'est préparé par un long jeûne à cette étonnante vision qui fixe dans les temps la délimitation des desseins de la miséricorde divine, h ce pouvoir surhumain qui substitue la douceur de la brebis à la rage affamée des lions. C'est aussi par le même jeûne que les pécheurs de Ninive trouvent la puissance qui fait révoquer la sentence de mort dont les a frappés la justice divine. (Jonas, 3, 7.) »

« Mais pourquoi, dit le saint patriarche, vous rappeler ici les exemples des serviteurs? C'est aussi par un jeûne de quarante jours, que Jésus-Christ Notre-Seigneur, a voulu se préparer à la lutte victorieuse qu'on le vit livrer à Satan. C'est ainsi qu'il nous enseigne où nous devons puiser notre vigueur et nos armes, pour soutenir les combats du salut, contre le même Satan, notre ennemi mortel. » Le carême n'était point seulement pour les fidèles l'époque de la réconciliation des âmes avec Dieu par les jeûnes, la pénitence, et la confession des péchés; c'était aussi l'occasion de la prédication plus particulière de la parole divine. C'est à cette heure, disait saint Chrysostome, que nous allons vous présenter les enseignements sacrés des saintes Ecritures. « Car si nous laissons échapper les jours du jeûne et du mépris des déhces des sens , ces jours embellis par le calme et la sérénité des cœurs, en quel autre temps nous sera-t-il permis de nourrir vos âmes de l'aliment céleste de la doctrine du Sauveur ? Voici le temps , voici l'heure de vous parler le langage de l'Evangile.

« Car les jours de carême appellent naturellement la prédication de la parole divine. A cette époque rintelli-

Page 1