CHAPITRE XXVIII
Culte. — Croix. — Sainle Vierge. — Saints. — Reliqui's. Fi'tes, etc.
Saint Chrysostome, dans son enseignement, accorde une large part au.K nianife.-jtutions extérieures admises dans la constitution divine de l'Eglise. Aux grands préceptes de Jésus-Christ qui comprennent les objets de la foi chrétienne et les instruments de justification qu'il a donnés à l'homme régénéré, viennent s'ajouter des pratiques pieuses, qui se présentent au milieu du monde comme des fleurs épanouies de l'arbre de l'Église. Telles sont les fêtes et les cérémonies sacrées. Les pratiques sont' le plus souvent une manifestation des sentiments du cœur, comme dans l'adoration de la croix; un mouvement de reconnaissance, dans les fêtes qui rappellent les événements les plus importants de la vie du Sauveur, ou bien un témoignage d'admiration et de respect , dans le culte des saints, des reliques et des images.
('roix. — On ne saurait rencontrer rien de plus beau que l'exhortation que saint Chrysostome adresse aux fidèles, en faveur du culte de la croix de Jésus -Christ. « Qu'aucun de vous, dit-il , n'ait la faiblesse de rougir du signe vénéré de notre salut, de la source féconde d'où découlent tous les bienfaits de Dieu, de cette croix de laquelle nous tenons le bonheur et la vie. Portez à votre tête ce signe sacré comme une couronne de gloire. Car c'est
par elle qu'ici-bas, pour nous, tous les mystères s'accomplissent. S'il nous faut recourir au bienfait de la régénéralion, la croix nous apparaît rayonnante de grâces. S'il faut nourrir notre âme du pain mystérieux du ciel, ou recevoir le caractère redoutable du sacerdoce , ou si nous sommes appelés à l'accomplissement de tout autre devoir pieux, partout nous marchons à l'ombre du signe puissant de la victoire de Jésus-Christ. Nous nous empressons de l'imprimer partout avec honneur et respect, aussi bien dans l'enceinte de nos demeures, sur les murs et les portes de nos maisons que sur nos fronts, et dans les mystères les plus intimes de nos cœurs. Car la croix est à la fois le symbole de la mansuétude de Jésus-Christ et le signe de notre salut et de notre délivrance. Lorsque vous tracez sur vousmême le signe de la croix, songez à toute la signification de ce signe redoutable. Éteignez en vous la colère, étouffez le feu brillant de vos passions. Lorsque vous vous signez, que la confiance affectueuse répande la sérénité sur votre front et que votre âme reprenne la joie de son innocence avec la jouissance de sa liberté.
Signe de la croix. — « N'allez donc point tracer du doigt "sur vous le signe sacré de la croix de Jésus-Christ, avec le nonchalant abandon d'un acte indifférent et stérile ; mais que cet acte soit en vous le mouvement spontané du sentiment profond de la confiance et de la foi qui, par ce signe se manifeste et s'imprime sur votre visage. Car lorsque vous vous signez ainsi, quel démon impur pourrait se tenir en votre présence, à la\'ue du glaive sanglant dont fut percé le coeur de Jésus-Christ, à l'aspect de la plaie béante par laquelle son côté fut entr'ouvert, sur l'autel de son sacrifice? Si, lorsque vous entrez dans l'assemblée des fidèles, vous vous marquez du signe de la croix, devant vous s'enfuit aussitôt la puissance des ténèbres qui cherche à se fixer dans la réunion des chrétiens.
Piiis>;onrc do In rvoix, — « Gardez-vous donc de rougir