CHAPITRE XXYIII
ici-bas d'une source d'aussi {,a'ands bienikils, atin que Jésus-Clirist n'ait pas à rougir de vous, lorsqu'il descendra, dans sa gloire, précédé de ce signe glorieux, dont l'éclat fera pâlir la splendeur même de la lumière de ce monde. Car alors, la croix paraîtra pour faire entendre, par son seul aspect, sa voix puissante qui remplira l'univers entier. C'est elle qui viendra, devant cet univers assemblé, prendre la défense de Jésus-Christ et démontrer aux hommes'qu'il n'a rien omis pour opérer leur bonheur et pour ce monde et pour l'éternité.
« C'est ce signe qui pendant les Jours de deuil de nos ancêtres entr'ouvrait les portes de leurs prisons, qui donnait une influence inoffensive aux poisons mortels, éteignait le feu violent de la ciguë et guérissait les ravages de la morsure empoisonnée des bêtes féroces. Et ce n'est point chose étrange que cette vertu du signe de la croix, car si sa puissance a pu briser les portes de l'enfer, élargir la voûte du ciel, ouvrir la porte du paradis et terrasser la fureur de Satan, quelle merveille, qu'elle puisse encore adoucir la violence des poisons, calmer la rage des bêtes féroces, et nous présenter encore un nombre infini d'autres bienfaits ?
«C'est la croix qui ramène l'univers à Jésus-Christ, qui dissipe les erreurs du monde, qui rétablit le règne de la vérité, qui donne à la terre l'aspect et la beauté du ciel, et qui restitue aux hommes la sainteté des anges. Avec la croix, les démons demeurent sans force et ne peuvent plus être qu'un objet de mépris. Avec elle, la mort n'est plus la mort, elle est le sommeil de la vie. Par elle, tous les obstacles s'aplanissent dans le chemin de ce monde, et tout ce qui nous menaçait de notre ruine, nous le foulons aux pieds.
« La croix, s'écrie encore le saint patriarche, a calmé la haine de Dieu contre les hommes ; elle a réconcilié son cœur avec l'humanité coupable ; elle a fait de ce monde un séjour céleste ; elle a fait de l'homme le frère et l'ami des
anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, brisé les forces de Satan, efïacé la puissance du péché, délivré la terre des ténèbres de l'erreur, ramené la vérité, chassé les démons, renversé leurs temples et réduit en poussière leurs autels et leurs images; devant elle ont disparu, l'encens, le feu, l'odeur des sacrifices. Elle a ramené le règne desvertus et fondé pour toujours rédifice immortel de FÉglise.
« La croix ! c'est la volonté du Père, la glorification du Fils, le triomphe du Saint-Esprit et la gloire de saint Paul. La croix est plus brillante que l'astre du jour, et resplendit d'un éclat plus pur et plus beau que les rayons de la lumière.
Honneur. — a Oui, ce gibet exécré du genre humain, ce symbole du supplice des criminels est devenu l'objet de l'amour et de l'ambition des hommes. Le Souverain ne saurait rencontrer pour sa couronne impériale un plus bel ornement que- la croix du Sauveur. T'ette croix, ancien objet d'horreur et d'infamie , est aujourd'hui l'objet de tous les désirs. Elle occupe en tous lieux une place glorieuse, chez les princes et les sujets, les hommes et les femmes, les vierges et les épouses, les hommes libres et les esclaves. Tous l'impriment à l'envi sur leurs fronts, la plus noble partie de leur corps, comme au sommet d'une colonne sur laquelle elle occupe la p^ace d'honneur.
« Ce signe sacré, vous le rencontrez à la table sainte, h l'imposition des mains du sacerdoce; il brille même à l'autel où vous est donné dans la cène le corps divin de Jésus- Christ. Partout il se présente entouré de respects et d'hommages. Dans les palais, au lieu des assemblées du peuple, dans les déserts, sur les voies publiques, sur les montagnes, au sein des forêts, au sommet des collines, sur le rivage des mers, sur les vaisseaux, clans les îles, sur votre couche, vos vêtements, et vos armes, sur le lit nuptial, dans vos festins, sur vos vases d'or et d'argent, sur les pierres précieuses, dans les tableaux qui décorent vos maisons, sur le corps des animaux malades, sur les