CHAPITRE XXVIII
prendre leur part de l'abondance de vus richesses ; car le jour du Seigneur est le jour où se fait dans vos demeures la part de Jésus-Christ votre Sauveur. »
C'est le jour où les chrétiens se réunissent dans les églises pour adresser h Dieu leur prière et recevoir le pain de la parole divine, La sanctification de ce jour, qui succède au jour de repos de l'ancienne loi, nous apparaît comme le symbole et l'image du royaume des cieux. « Les Juifs s'imaginent, dit saint Chrysostome, que le jour du repos ne leur fut donné que pour bercer leur nonchalance pendant ces heures de loisir; mais Dieu se proposait une bien plus noble fin : il voulait les arracher à leur attachement aux travaux matériels de la vie, pour occuper leurs loisirs aux intérêts plus importants du ciel. Aussi le sacrificateur, qui n'offrait chaque jour qu'un seul sacrifice, devait-il immoler deux victimes le jour du Sabbat, pour rappeler au peuple les hommages que le Seigneur attend de sa reconnaissance et les expiations qu'il commande pour effacer la trace de ses péchés. Oui, dit le saint docteur, c'est pour délivrer votre âme de la cruelle étreinte des passions et des vices que le jour du repos vous fut donné de Dieu. »
Nativité. — Après le jour du Seigneur, consacré par sa résurrection d'entre les morts , celui de sa naissance était pour les chrétiens un jour de réjouissance exceptionnelle. « Il est parmi nous une fête qui, plus que toutes les autres, doit imprimer dans nos âmes des sentiments proibnds de terreur et de respect. Appelez-la la reine de toutes les fêtes, et vous rendrez hommage à la vérité. Quelle estelle donc cette fête?... C'est la Nativité de Jésus-Christ. C'est d'elle que découlent les autres solennités que nous célébrons, l'Epiphanie, la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte et toutes les autres fêtes. Faisons donc éclater notre bonheur, mes bien-aimés, dit saint Chrysostome, et livrons-nous aux transports de notre joie, car l'objet des vœux ardents des prophètes, le Rédempteur qu'ils ont
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annoncé, le Messie (jne les justes aspiraient à contempler, tout nous est arrivé dans ce jour : Dieu s'est fait voir dans la chair^ il a vécu parmi les hommes. »
Épiplnmie. — « Le peuple de Dieu n'était appelé dans son temple chaque année que pour trois grandes solennités, mais pour nous chacun de nos jours est une fête. La première, sous un certain aspect, est l'Epiphanie ou la manifestation du Seigneur. Cette manifestation est perma-nentc , « car voici que je suis avec vous, dit Jésus-Christ, « tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles. » L'Epiphanie est donc une fête qui peut se célébrer tous les jours. La Pâque est la prédication de la mort du Sauveur, et cette mort, nous l'annonçons aussi chaque jour aux fidèles. La descente de l'Esprit saint, c'est la Pentecôte ; mais Jésus-Christ nous déclare que son esprit demeure avec nous pour l'éternité. La Pentecôte est donc encore une solennité qui se célèbre tous les jours. »
L'Epiphanie est aussi le jour du baptême du Sauveur et la première des fêtes dans l'ordre du temps. « Vous savez tous, dit saint Chrysostome, que la solennité présente est appelée la manifestation du Seigneur. Mais pourquoi ce nom ne fut-il pas donné par nos pères à la naissance de Jésus- Christ plutôt qu'au jour de son baptême ? C'est que ce ne fut pas à sa naissance, mais à son baptême qu'il voulut se manifester au monde. » Ce ne fut, en effet, que le jour de son baptême que Jésus-Christ vint se révéler aux hommes comme le Fils bien- aimé de Dieu. C'est ainsi qu'il établit sa mission réparatrice en face de l'humanité coupable.
Pâques. — Après ces fêtes venaient celles du triomphe de Jésus-Christ à Jérusalem, dite la fête des Palmes ou des Rameaux, et celle du Jeudi-Saint, veille de la mort du Sauveur, que saint Chrysostome appelle le Jour de la trahison et de la Passion. Enfin après quarante jours de jeûne on célébrait, le dimanche qui suit le quatorzième de la lune de mars , le grand jour de la résurrection de Jésus-Christ, appelé par les chrétiens le jour de Pâques,