‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 209 sur 214 · CHAPITRE XXVIII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII. i

L'immense bienfait qui résulte pour les honmies de la résurrection du Sauveur, l'emporte sur le précepte antique qui consacrait au repos le jour du Sabbat de la loi judaïque. Jésus-Christ est sorti du tombeau le premier jour de la semaine; ce premier jour, qui rappelle aux chrétiens la résurrection future de tous les hommes, est devenu pour eux le jour inviolable et sacré du repos et de la prière, tandis que le jour du Sabbat, le dernier de la semaine, que le Sauveur a passé dans la tombe, est à jamais pour tous les chrétiens un jour de pénitence et de deuil. Il est la veille du grand jour, du jour de la Résurrection.— « C'est aujourd'hui, dit saint Chrysostome, que nous devons tous nous écrier avec David : « Qui pourra « raconter les œuvres du Seigneur ! Qui pourra lui pré- « senter un tribut de louanges digne de sa grandeur infinie? » (ps. 105.) Car voici le jour de nos désirs, la fête salutaire, le jour de la résurrection de Jésus-Christ. Nous célébrons aujourd'hui cette fête glorieuse, la plus éclatante des solennités chrétiennes; cette fête où le Dieu fait homme est sorti victorieux de la corruption du tombeau. Nous la célébrons en unissant les transports de la joie aux manifestations de la piété filiale, car en ce jour Jésus- Christ ressuscite avec lui l'humanité tout entière, puisqu'il brise à jamais l'empire et les liens de la mort.

« Avant d'accomplir son sacrifice Jésus-Christ s'empressait chaque semaine d'apparaître , le jour du Sabbat, dans la synagogue, pour l'accomplissement du précepte de la loi ; mais dès qu'il fut ressuscité d'entre les morts et qu'il eut ofïert à l'humanité le gage de son éternelle destinée, il ne voulut plus se montrer que le premier jour de la semaine, pour poser le fondement de l'observation dominicale. Ici nous voyons s'effacer le précepte du Sabbat et commencer la célébration du premier jour de la semaine, appelé le jour du Seigneur et de la Résurrection.»

Ascension. — Quarante jours après la solennité pascale, une autre fête venait rappeler aux chrétiens l'Ascension

de Notre-Seigneur Jcsus-Christ. Cette iete était célébrée en dehors de l'enceinte de Constantinople. Le saint patriarche lui-même en expose les motifs : « Lorsque nous nous réunissons en mémoire de la Croix, c'est en dehors de la cité que s'accomplit la solennité de la fête, et lorsque nous célébrons le jour brillant et glorieux de l'Ascension au ciel de l'Homme-Dieu crucifié, c'est encore en dehors de l'enceinte de la métropole que nous accomplissons les rites de cette nouvelle fête. Nous quittons ainsi les temples de la ville; ce n'est ^point que nous soyons éloignés par le dédain du centre de vos demeui'es, mais nous sommes appelés au dehors par les tombeaux et l'honneur des martyrs. Nous ne voulons pas que ces âmes saintes puissent nous adresser de Justes reproches et nous dire : Ne sommes-nous donc point assez purs pour célébrer avec vous, dans nos tabernacles, le Jour de notre Sauveur? Nous avons pu verser pour lui les flots de notre sang, nous avons été jugés dignes de passer par la main des persécuteurs et de lui faire le sacrifice de notre tête, et vous ne nous jugez plus dignes même de contempler du fond de nos tombeaux la splendeur consolante de ces jours de solennité! »

C'est ainsi que l'Église de la terre conviait à ses réjouissances l'Église du ciel, à laquelle elle donnait la main, pour offrir avec elle à Jésus-Christ un même concert d'hommages, un même tribut de reconnaissance en mémoire de son sacrifice et de ses bienfaits.

Pentecôte. — « Mais voici, dit saint Chrysostome, une autre fête. L'Église du Sauveur se réunit encore. Cette mère pleine d'amour pour sa famille immense s'entoure encore avec orgueil de la multitude de ses enfants , selon l'expression du prophète, comme une épouse se revêt de ses parures et de ses vêtements les plus glorieux. Nous voici donc arrivés à toute la grandeur des bienfaits divins. La raison de l'homme est trop étroite et son esprit trop borné pour comprendre l'immensité des dons qui découle

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