‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 33 sur 214 · CHAPITRE XVII. «j · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. «j

« Le temps presse d'arrêter le torrent qui nous déborde ; M car les faits énoncés ne sont point le terme où s'arrête « l'audace des conspirateurs. De nouveaux attentats sont M venus mettre le comble à leurs désordres. Lorsque notre M très- pieux empereur eut balayé la maison de Dieu de M ces sacrilèges envahisseurs; lorsque les évêques, épou- « vantés de tant de méfaits, se furent enfuis devant ces « furieux, comme à l'aspect des flammes dévorantes d'un « incendie , et se furent renfermés dans leurs maisons , « nous fûmes rappelé de notre exil, et rétabli sur notre <( siège, d'où la violence nous avait récemment arraché. « Plus de trente évêques , accompagnés d'un notaire , « ayant mission spéciale de notre très-pieux empereur, « nous conduisirent dans notre métropole.

« A la vue de cette réparation éclatante, Théophile s'est « enfui. Quel fut le motif de cette fuite clandestine? Ah ! « c'est que nous sommes allé nous jeter aux pieds de « notre auguste souverain, c'est que nous l'avons conjuré « de réunir au plutôt un concile, pour réparer tant de dé- « sastres. Théophile avait la conscience de sa faute; il fut «effrayé de la perspective d'un examen juridique, qui « pouvait jeter un plein jour sur ses coupables intrigues. « L'empereur avait écrit à toutes les Eglises de l'Orient « et de l'Occident. On arrivait de toutes parts à son appel, M pour prendre part aux travaux du concile. L'évêque « d'Alexandrie en fut épouvanté : pour échapper au péril, M il s'embarqua secrètement, à la faveur des ténèbres « d'une nuit sombre, emmenant avec lui la plupart des « évêques de sa province.

« Quant à nous, dans cette situation, fort du témoi- « gnage de notre conscience, nous insistons plus que ja- «mais, auprès de notre très-pieux empereur, pour la « réunion immédiate d'un concile. L'empereur nous écoute « avec les sentiments d'une fervente piété. Sans plus tar- « der, il envoie en Egypte des députés, avec mission de ra- « mener h Constantinople Théophile et tous ses évêques.

7A SAINT CnUYSOSTOME.

« Il les rappelle, pour rendre raison des faits révoltants « qui viennent de s'accomplir. Il leur signifie qu'il ne « leur suffît point, pour leur justification, d'avoir porté M contre nous leur sentence. Car cet arrêt de déposition « et d'exil , ils l'ont rendu contre tous les canons , malgré « notre absence et sur les délibérations d'une seule des « parties.

« Théophile accueille les députés ; mais il daigne à (( peine jeter les yeux sur les lettres impériales. Au lieu « d'obéir, il se renferme dans sa maison. Il donne pour « prétexte à son refus, l'existence d'une sédition de son « peuple, suscitée, dit-il , par un amour exagéré pour sa a personne. Il présente ce motif d'excuse au moment où « ce peuple, avant la réception des lettres de l'empereur, « vient de l'accabler de vociférations et d'injures. Si nous « nous permettons de rapporter ces choses, ce n'est point « pour assumer , contre notre ennemi , le rôle indigne « d'accusateur, mais pour faire constater que, dans son « opposition contre nous-même, il fut surpris par les « siens en flagrant délit d'iniquité.

« Le refus de notre frère n'eut point pour résultat <( obligé de nous réduire au silence. En présence de cet « obstacle, nous multiplions nos démarches et nos sollici- « tations pour la réunion d'un tribunal légitime, qui puisse « établir une épreuve sérieuse par un débat contradic- « toire. Nous ne cessons de protester de notre désir de « démontrer devant ce tribunal et la certitude de notre « innocence et les excès de leur perversité.

« A cette époque, on voyait encore , à Constantinople, « des Syriens complices do nos ennemis, qui les avaient « secondés de leur coopération dans toutes leurs infamies. « Nous nous empressons de nous présenter devant eux. « Nous leur déclarons que nous sommes prêts à subir un « examen canonique. Nous les conjurons de nous donner « connaissance des mémoires, des li!:elles et des faits ap- « portés à notre charge, ou de. nous établir en face de nos

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