CHAPITRE XVII
ment forcés de s'interdire toute participation à ces assemblées inofîcnsives. La peine portée contre les délinquants élait de cinquante livres d'or. Ainsi, la force stupide s'attachait à frapper les intérêts matériels, pour se venger de la stérilité de ses efforts contre les consciences, qui ne pouvaient en aucune manière être accessibles à ses étreintes. Pendant que ces scènes douloureuses répandaient sur rÉgiise et sur le peuple de Constantinople une sombre teinte de tristesse , ailleurs s'accomplissaient des événements non moins cruels : l'affliction et la douleur se répandaient parmi les populations chrétiennes de l'Asie ; saint Chrysostome était aux prises avec ses bourreaux.
La puissance temporelle possède un moyen d'action irrcsislible, quand il arrive que le représentant de celte puissance est animé de l'esprit de sagesse; il unit alors en lui la justice à la majesté, les deux plus belles images terrestres de la perfection divine. Mais quand il s'abaisse jusqu'à faire de la puissance rinstrumenl d'un sentiment passionné quelconque, ilde'grade en lui le caractère céleste de représentant de Dieu. La majesté matérielle seule lui reste encore, mais elle lui reste complètement dépouillée de l'auréole qui l'entourait. U a la tête près du ciel, mais les pieds dans la fange, comme ce monstre fabuleux dont la tète et la voix répandaient un charme céleslej et dont le reste du corps se tordait en replis dégoûtants. Telle fut, dans cette malheureuse circonstance, l'altitude et la transformation du fils aîné du grand Théodose.