CHAPITRE XIX. lo
« comparution devant aucun juge. Quel est donc cet « étrange et criminel arrêt? Quoi! pour rendre impos- « sible toute forme régulière de procédure, on chasse M les pasteurs ! On substitue de nouveaux titulaires à la « place de ceux qui vivent encore ! Comme si Ton redou- « tait que ces infortunées victimes ne fussent, par le seul « fait de leur présence dans leurs églises, en mesure dé « prés?nter pour leur justification quelques mérites in- « contestés, ou ne fussent proclamés comme dignes d'é* « loges par quelques fractions de l'opinion publique! « Jamais une telle iniquité ne s'était rencontrée dans les « plus malheureux jours de l'histoire de nos pères ! Jart mais l'Épouse du Sauveur n'avait vu ses enfants cher^ « cher à lui faire monter autant de honte au front !
« Mais bien plus, l'histoire du passé nous présente la « condamnation des énormités qui nous affligent. Nos « pères, en effet, n'ont jamais permis de conférer l'ordi- « nation à des hommes destinés à s'implanter à la place « des titulaires vivants. Aucune ordination illégitime ne « peut arracher au légitime pasteur la dignité qu'il tient « du pouvoir et de la munificence de l'Église ; car celui-là « ne saurait être évêque qui s'efforce de s'élever par une « injuste élection.
« Quant h l'observation obligée des lois de l'Église, « nous déclarons que Ton ne doit obéissance et respect « qu'aux règles et prescriptions qui furent portées par « nos pères dans le saint concile de Nicée. Car ces canons « sont les seuls, sur les matières en litige, que doive en- « seigner et faire observer l'Église universelle. Si d'autres a lois nous sont apportées qui soient en opposition avec « les décrets du synode de Nicée, et qui portent le cachet « d'une œuvre hérétique, qu'elles soient immédiatement « repoussées par les évêques catholiques; car les décrets « des conventicules de l'erreur ne sauraient jamais être « accolés aux décisions orthodoxes de l'Église de Jésus- « Christ.
« Non-seulement nous déclarons que l'on ne doil point « se conformer à des canons de cette nature ; mais encore « nous exigeons que de tels décrets soient classés parmi « les élucubrations erronées du schisme et de l'hérésie, « ainsi que l'ont exigé les évêques nos prédécesseurs, au « concile de Sardique. Il serait moins désastreux, frères « bien-aimés , de méconnaître l'autorité des décisions « légitimes de l'Église, que de donner force et sanction à « des canons qui sont en opposition flagrante avec ses lois.
« Mais quelle mesure arrêter contre de tels désordres, « dans la situation présente ? La seule qui nous paraisse « elïicace, c'est d'avoir recours à l'examen synodal d'une « assemblée d'évêques. Nous en avons déjà proclamé « l'absolue nécessité. Cette assemblée, réunie au nom du « Sauveur, peut seule faire succéder la paix à la perturba- « tion, l'ordre à l'anarchie et le calme à la tempête.
« Pour pouvoir obtenir ces puissants moyens de pâcifî- « cation, hâtons-nous de réclamer avec confiance de la « bonté divine et de la miséricorde de Jésus-Christ Notre « Sauveur, ce remède souverain pour toutes les calamités a qui nous accablent. Nous verrons alors tomber et ren- « trerdans le néant, toute cette délirante agitation que la « jalousie de l'enfer est venue provoquer parmi nous, « pour humilier yjar de cruelles épreuves, les pasteurs de « rÉglise et tous les amis de Dieu. Demeurons toujours « forts dans notre confiance absolue et dans l'intégrité de t< notre foi ; nous pourrons alors tout espérer et tout at- « tendre de la bonté divine. Quant à nous, mettons en « œuvre toutes nos ressources et toutes nos influences « pour la convocation immédiate d'un concile œcumé- « nique, afin qu'il plaise à Dieu d'imposer silence à l'inso- « lence des factions. yUtendons avec calme l'heure du « secours du ciel, et fortement appuyés sur l'inébranlable « rocher de la patience, sachons que Dieu saura tôt ou a tard, dans sa justice, assurer d'une manière complète « le triomphe du bon droit et de la vérité.