‹ Histoire de S. Jean Chrysostome, Patriarch de ConstantinopleChapitre 83 sur 214 · CHAPITRE XX. Ho · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. Ho

« loire, lailes-vous une loi sévère de tout garder dans le « secret de votre cœur. Que votre attitude vis h vis de ces « prêtres soit empreinte de douceur et de sympathie. « Votre prudence et votre discrétion me sont connues. Je « me repose sur elles avec confiance, sans réserve ni rcs- « triction. Faites savoir à tous ceux qui sont instruits de « la vérité, que j'ai moi-même ouï dire que Pharétrius « déplore avec sincérité les événements dont je suis vic- « time, et qu'il n'est rien qu'il ne soit prêt à faire à cette « heure, pour me dédommager par une éclatante et com- « plète réparation. »

Le saint évêque accorde ensuite, à Pseanius , un juste tribut d'éloges. Cet homme de foi, digne en toutes choses d'être honoré de l'amitié d'un saint, soutenait partout, de ses paroles et de son influence, la cause de saint Chrysostome et des catholiques. « Je vois, lui dit saint Chrysos- « tome, votre zèle s'étendre à tous les lieux, atteindre « tous les cœurs. Vous embrassez à la fois , dans voce tre sollicitude évangélique, la Phénicie, la Palestine « et la Cilicie. Je confie, particulièrement à vos soins, « toutes ces Églises. J'apprends , avec consolation, que « les évêques de Palestine et de Phénicie n'ont point « voulu recevoir celui que leur ont envoyé les agents de « la conjuration. Ils se sont montrés, par cet accueil, di- M gnes en tout du caractère sacré qui les honore ; ils ont « repoussé cet homme intrus , sans vouloir même accoi-- « der une réponse à la notification illicite de son mandat.

« Mais il existe, dans ces provinces, une dissidence a malheureuse. L'évêque d'Aige et celui de la ville de « Tarse , en Cilicie, sont accusés d'avoir, ne fût-ce que « parleur assentiment, donné la main à toutes les caa baies, et trempé, peut-être involontairement, dans tous « les complots. L'évêque de Castabales a fait, à l'un de nos « amis , la confidence que les conspirateurs de Constanti- « nople ont tout mis en œuvre, pour les entraîner osten- M siblement dans le parti du schisme; mais qu'ils ont

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M persévéré jusqu'à ce jour dans une résistance inébran- (( lable. Appliquez- vous donc sans relâche, soit à les ra- « mener dans la voie, soit à les maintenir dans leurs « généreuses résolutions. Ecrivez à votre parent, l'évêque « Théodore; assurez-vous du secours important de son « zèle et de son active coopération, »

Un beau spectacle s'offrait alors à la vue du monde entier. Saint Chrysostome, dans son exil, était, en quelque sorte, dégagé des étroites limites de son diocèse et de sa province. La persécution, comme un instrument aveugle, au lieu de Tétouffer, l'avait élevé sur la cime du mont Taurus , d'où son action pouvait planer et s'étendre sur toutes les Églises de l'Asie. La haine de Théophile devenait ainsi, dans la main puissante de Dieu, l'instrument le plus efficace de ses desseins de miséricorde. Le saint n'est plus, en effet, l'orateur brillant de la capitale de l'empire ; mais il devient l'apôtre et le flambeau de l'Orient.

Les Eglises de la partie occidentale de l'Asie réclamaient impérieusement sa sollicitude. L'évêque d'Ephèse, Héraclide, qu'il avait élevé sur le siège de cette Église pour mettre un terme au scandale qui désolait toute la province, était devenu l'objet d'une haine implacable de la part de ses propres ennemis. Il avait été chassé de son siège par les agents de Sévérien et de Théophile ; et, depuis quatre ans, ces hommes déchaînés le tenaient sous leur main, dans les prisons de Nicomédie. Saint Chrysostome souffrait amèrement de l'infortune de son ami ; m.ais il ne pouvait faire pénétrer jusque dans son cachot les consolations et les avis par lesquels il sentait le besoin de ranimer sa confiance. Une garde sévère eût intercepté ses communications ; et ses ennemis peut-être les eussent transformées en crimes. Rien n'était donc possible de cette manière. Mais Olympiade était là. Le saint fit dire par elle, à son ami persécuté qu'il pouvait céder momentanément à l'orage et se démettre de ses obligations, que

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