CHAPITRE XXI
avait été fï-appé. Saint Clirysostonie lui-niènie provoquait la réunion de ce concile; il ne pouvait consentir à paraître en présence des Pères qu'avec les prérogatives d'un évêque ; et le sentiment de son innocence et de sa dignité ne lui permettait pas de s'y présenter avec la flétrissure et dans l'attitude d'un condamné. Ce que demandaient Innocent et les évêques d'Italie était donc évidemment convenance et justice. Il fallait le rétablir sur son siège avant de procéder à l'examen juridique des actes de son épiscopat. Telle était surtout la décision particulière de l'évêque de Rome, du chef visible de l'Église universelle.
Cette décision faisait loi dans toutes les communautés chrétiennes de l'univers; l'autorité qui l'avait énoncée avait sa raison d'être, et sa sanction dans les paroles solennelles du Sauveur et dans la discipline constante de tous les siècles depuis la fondation du christianisme.
C'est en vertu de cette règle de discipline et de foi chrétienne que Maxime, évêque de Jérusalem, avait réprouvé le concile de la Dédicace, qui n'avait été présidé ni par Jules, évoque de Rome, ni par aucun représentant de l'autorité patriarcale et souveraine de l'Occident. Il est contraire aux lois ecclésiastiques, dit l'historien Socrate, qn'oncuti dfktet soit ijorté dons IJùjUse iniicerselle, sans l'appruhutionet la sanction de l'écôque de Home. Jules lui-même réprouve et condamne le conventicule d'Antioche, ainsi que les lettres synodales des évêques qui l'ont assemblé, pour le double motif qu'ils se sont arrogé le droit de tenir leur concile sans la présence du souxerain pontife cl<.' Rome, et qu'il est contraire aux canons de l'Eglise universelle de porter des décrets qui ne soient point revêtu^^ du sceau de son autorité.
C'est donc à bon droit que saint Chrysostome, vendu, frappé, sacrifié par ses fi'ères, avait réclamé du chef de l'Eglise, du pape Innocent P', l'annulation des actes du brigandage du Chêne ; c'était également avec raison, en vertu des règles de l'Eglise universelle, que les députés
de Romv allaient, en Orient, protester contre les illpgalités de Ttiéophile et des siens.
On pouvait espérer que ces hommes dp dc'vouement et de foi seraient admis h faire entendre au vieillard Arsace le langage de la conscience. Ils pouvaient croire euxm^mes qu'Arsace, un peu dégagé des illusions qui l'a- \ aient poussé, malgré ses serments, jusque sur le siège (le Constantinople , trouverait dans son âme encore assez fie droitui'P pour r('^pondre h l'appel du vicaire de Jésus- Christ.
Mais une catastrophe im[)i-(''Mi(.' vint i-rnvei-ser ou modifier toutes ces espérances. Pendant cpie les déi)utés romains cheminaient vers l'Orient, pour aller accomplir la grande mesure de réparation, de graves (''vénements semblaient venir remettre tout en question ;i fonstantinoplp.
La justice divine avait parlé. Le onzième jour de novembre, sous le consulat d'Anthémius et le deuxième de Stilicon, l'usurpateur Arsace allait rendre compte à Dieu de son adm'inistration illégitime. Dieu lui-même descendait dans l'arène, mais il descendait pour séparer les combattants; il soufflait sui' les obstacles; il venait aplanir les voies à la réconciliation.
En effet, le siège devenu vacant, rien n'(''tait plus facile que de rappeler saint Chrysostome. La Providence élevait la voix au milieu des hommes pour les inviter à la paix ; les hommes n'avaient plus qu'à l'entendre et les cœurs qu'à se laisser adoucir. Mais il est [)lus facile d'aplanir les flots de l'océan et d'étouffer le souffle de la tempête que de tempérer le ferment invétéré de la haine. Au lieu d'écouter le cri de la conscience et d'obéir à la voix du ciel, les schismatiques, après quatre mois de luttes et d'in ■ trigues passionnées, parviennent enfin à s'entendre pour remplacer le premier usurpateur par un aulre plus jrune et plus habile.
Sous le sixième consulat d"Airadius. el foluj d'Anicius Prnbus, |p dixième jour de mars. Ip prêti^- Atlicus, origi-