XVI INTRODUCTION
ce n'est, nous le savons bien, que dans les inspirations de la plus ardente charité qu'ils cherchent les moyens de ramener au bercail les brebis perdues.
Saint Thomas de Villeneuve exerça avant et pendant son épiscopat le ministère de la parole sainte avec d'immenses succès. Le détail de ses travaux apostoliques devait occuper une large place dans notre histoire. Néanmoins, de peur de trop allonger un récit où nous avions à cœur de maintenir partout la même rapidité, nous nous sommes décidé à supprimer un bon nombre de développements qui nous avaient été suggérés par la lecture des œuvres de saint Thomas. Ce sacrifice nous a été pénible, et nous tenons à nous en dédommager ici, en exhortant nos lecteurs, ceux surtout qui seraient appelés au ministère de la chaire, à lire et à méditer les sermons du saint et éloquent missionnaire.
A l'époque et dans les pays où il vivait, la chaire chrétienne était assiégée par une foule de prédicateurs peu dignes d'exercer les fonctions évangéliques. Dans un de ses sermons , le saint religieux fait de ces hommes une peinture bien sombre, à laquelle nous emprunterons quelques traits : « Où est aujourd'hui, » s'écrie-t-il, le prédicateur qui s'acquitte comme il » faut de son ministère, qui déracine le vice et répande » dans les âmes la semence des vertus ? On fait enten- » dre au milieu d'un auditoire des paroles sonores » mais stériles et vaines, que l'auditoire ne comprend » pas ou auxquelles il ne croit pas. Ceux-ci se perdent » dans les discussions obscures de la métaphysique,