XX INTRODUCTION
profonde vous trouvez résumée, condensée en quelque sorte, dans ces riches canevas ! Gomme les mystères de la religion y sont présentés avec toutes leurs circonstances ! comme les points les plus abstraits du dogme y sont toujours saisis par ce côté moral et pratique qui seul les rend applicables à un auditoire !
Le saint prédicateur fait un emploi continuel de l'Ecriture. Le texte sacré lui est si familier, qu'il le répand sur tous les sujets qu'il traite, qu'il le jette pour ainsi dire à pleines mains et avec une sorte de profusion. C'est ce qui explique comment, au milieu d'une foule de passages appliqués avec bonheur, on en rencontre de temps en temps qui n'ont pas également le mérite de l'à-propos.
Mais ce qui frappe le plus dans les sermons de saint Thomas, ce qui en forme le caractère propre et éminent, c'est ce mouvement, cette vie, nous dirons cette chaleur, ce feu qui les pénètre et les anime. Les contemporains de ce grand prédicateur disaient de lui qu'il paraissait moins prononcer des paroles que lancer des charbons ardents sur son auditoire (1). Cette ardeur ne s'est pas entièrement éteinte avec sa voix. On la sent encore en lisant ses œuvres; c'est une lecture qui purifie l'âme , qui la dégage de la terre et la rend plus légère pour s'élever à Dieu (2).
(i) Préface de l'édition de 1761.
(2) Un religieux franciscain avait en sa possession cinq discours de saint Thomas. Toutes les fois qu'il sentait sa ferveur se ralentir, il recourait à la lecture de ces précieux manuscrits, et il n'en avait pas lu quelques lignes qu'il était ranimé dans le service de Dieu. L'éditeur de 1761, qui cite ce fait dans sa préface, rapporte encore qu'un