VIII INTRODUCTION
nombre d'ecclésiastiques de ce temps, cette parole d'un prophète : Ainsi le peuple, ainsi le prêtre (1).
L'histoire de saint Thomas de Villeneuve se rattache à cette époque de douloureuse mémoire.
La réformation des mœurs et de la discipline ecclésiastique était alors, au jugement des saints, le besoin le plus pressant de l'Église. Saint Thomas s'écriait du haut de sa chaire : « Ce n'est pas le Turc, encore » éloigné de nos frontières, que je crains le plus, non ! » mais notre ennemi le plus redoutable est en nous : » le péché ! Voilà l'infidèle que nous devons exterminer » avant tout. Car, si nous mettons Dieu dans nos inté- » rets, quelle autre puissance pourrait nous nuire (2) ? »
Or, il y avait déjà plusieurs siècles que le cri de réformation avait retenti, pour la preuière fois, par la voix puissante de saint Bernard (3). Dans les temps qui suivirent, ce même cri fut répété par tous les saints personnages qui apparurent successivement dans l'Église. Ainsi, pour ne citer que quelques noms, saint Vincent Ferrier, saint Bernardin de Sienne, saint Laurent Justinien, saint Antonin, saint François de Paule, pendant le quinzième siècle , et , dans la première moitié du seizième, saint Ignace de Loyola, saint Charles Borrhomée, Dom Barthélémy-des-Martyrs, l'admirable sainte Thérèse, furent les principaux organes
(1) Osée : IV, 9.
(2) Conc. pro exped. adv. Turc, opp., tom. III, pag. 391, édit. Salmant. an 1761.
(3) V. epist. ad Eugen. pap. n. 6,, tom. I, p. 238, édition de Gaume.